Projet Montréal est inquiet de la nouvelle gouvernance des transports en commun
Projet Montréal craint que la métropole ne perde son influence en matière de transport en commun avec le projet de loi 76, qui vise à modifier l’organisation et la gouvernance du transport collectif dans la région métropolitaine.
«Vraisemblablement, ce n’est plus [la Société de transport de Montréal (STM)] qui va décider de la planification et de la répartition du développement alors c’est très inquiétant pour les Montréalais», a affirmé mercredi le chef de l’opposition, Luc Ferrandez.
«Il y a des dizaines d’employés de la STM qui travaillent à la planification aux voies réservées, à l’achat de matériel, au PTI et qui vont travailler pour une autre entité, a-t-il ajouté. L’exploitant de la STM va essentiellement gérer des garages, l’achat de l’essence et les conventions collectives des chauffeurs.»
Le projet de loi 76 prévoit l’abolition de l’Agence métropolitaine de transport et la création de deux nouveaux organismes, que sont l’Autorité régionale de transport métropolitain (ARTM) et le Réseau de transport métropolitain (RTM). La première sera entre autres responsable de la planification et de la tarification alors que le deuxième prendra en charge l’exploitation des trains de banlieue et de ligne de bus.
La STM a indiqué qu’à la suite de l’adoption du projet de loi 76, elle demeurera responsable de son réseau local, tant pour ce qui de l’exploitation que la planification. «L’ARTM va obtenir les mêmes responsabilités de l’AMT pour ce qui est de la planification des grands projets», a dit hier le président de la STM, Philippe Schnobb, lors de la réunion du conseil d’administration. Il a mentionné que le projet de loi 76 fera en sorte que le financement de la STM sera davantage prévisble
Le conseiller de Saint-Henri–Pointe-Saint-Charles, Craig Sauvé, s’est dit malgré tout inquiet puisque les décisions de l’ARTM auront préséance sur celles des sociétés de transport. «Nous craignons que ça va faire mal à la STM», a-t-il dit.
Étant donné que la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM) devra approuver plusieurs décisions de l’ARTM, Projet Montréal s’attend à ce que les municipalités s’entredéchirent pour obtenir leur dû.
«Dans un monde où il y aurait un financement croissant des transports en commun, il faudrait le développer beaucoup pour les citoyens des banlieues pour qu’il y ait moins de [déplacements en voiture] vers Montréal, a dit M. Ferrandez On n’est pas dans ce mode là. On est dans un mode où tout le monde va s’arracher le même dollar.»
«Pour nous, le pouvoir devrait être là où les clients sont, là où il y a de l’achalandage. Et c’est à Montréal», a renchéri le chef de l’opposition, en soulignant que 80% des déplacements en transport en commun se font à Montréal.
Projet Montréal, qui n’a pas eu les ressources nécessaires pour faire valoir son point de vue lors de la commission parlementaire la semaine dernière, croit que des précisions doivent être ajoutées dans le projet de loi 76, notamment en ce qui concerne le partage des revenus de transport en commun et l’établissement de la tarification.