Montréal
22:14 13 décembre 2015

3 constats sur la présence des familles à Montréal

3 constats sur la présence des familles à Montréal
Photo: Métro

Comment arrimer la vie de famille avec la vie en ville? Par delà l’opposition entre ville et banlieue comme milieu de vie, des chercheurs ont rassemblé, dans le livre Vivre en famille au cœur de la ville, sorti dernièrement, quelques pistes pour mieux comprendre le phénomène. Métro s’est entretenu avec Jean-Philippe Meloche, professeur à l’École d’urbanisme et d’architecture du paysage de l’Université de Montréal, qui a codirigé l’ouvrage. Aperçu des constats.

Montréal est une «pépinière pour familles»
«Les familles, on les fabrique à Montréal, dans les quartiers centraux», note Jean-Philippe Meloche. Montréal attire nombre de jeunes de 20 à 25 ans, en raison de ses logements locatifs et de ses institutions d’enseignement. Les couples s’y forment et y ont souvent leur premier enfant. «Il y a beaucoup de jeunes enfants dans les quartiers centraux de Montréal. Les familles vont migrer à peu près quand les enfants vont arriver à l’âge scolaire ou quand arrivera le deuxième ou le troisième enfant», observe M. Meloche.

Les raisons de la migration sont multiples. Parce que vivre en ville est trop cher ou parce que les logements sont trop petits. Mais aussi parce que la nouvelle génération de parents a souvent elle-même été élevée en banlieue. «On cherche à reproduire ce dans quoi on a grandi. Ça peut jouer aussi», avance M. Meloche.

Des familles, il y en a partout
«Si on crée de nouveaux logements dans un quartier central, c’est sûr que ces logements vont séduire en plus grande proportion les gens qui n’ont pas d’enfants, confirme M. Meloche. Mais ils vont quand même séduire les gens qui ont des enfants.» Ainsi, même si les nouveaux développements n’ont pas prévu de parcs ou d’écoles, le problème se posera tôt ou tard.

«Dans les quartiers où il y a les taux les plus faibles de familles par rapport à la population, la proportion tourne autour de 10%. Dans les quartiers où on a les taux les plus élevés, c’est 25%», précise-t-il. Ainsi, même là «où il y a peu de familles, il n’y en a pas zéro».

«Il y a quand même du terrain à Montréal. Il y a de gros projets, comme l’Hippodrome. Vous pouvez facilement construire là un quartier qui pourrait alimenter une école primaire, une école secondaire et trois garderies. C’est pas impossible de le penser comme ça.» – Jean-Philippe Meloche, professeur à l’École d’urbanisme et d’architecture du paysage de l’Université de Montréal et codirecteur de Vivre en famille au cœur de la ville

Retenir les familles, c’est possible
Pour Jean-Philippe Meloche, il faut faire attention quand on parle du rapport entre les familles et la ville, car ce sont surtout les familles de la classe moyenne qui la délaissent. Les familles aisées, elles, ont les moyens d’habiter en ville. Et on trouve dans les quartiers centraux les familles à revenu plus faible; notamment des familles monoparentales ou immigrantes.

«On aime beaucoup construire du logement social à Montréal, c’est toujours l’enjeu. Or, les familles à faible revenu trouvent à se loger relativement facilement. Il faut construire du logement qui s’adresse à la classe moyenne, dans des environnements où on s’attend à recevoir des familles, c’est-à-dire où on construit des parcs et où on aménage des écoles en fonction du fait qu’il y aura potentiellement des familles dans les nouveaux développements», croit M. Meloche.

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Presses de l’Université de Montréal