Montréal
03:00 12 février 2016 | mise à jour le: 12 février 2016 à 11:49 Temps de lecture: 4 minutes

Bilan de santé pour la Promenade Masson

Bilan de santé pour la Promenade Masson
Photo: Stéphanie Maunay/TC Media

La Société de développement commercial (SDC) vient de mandater une firme pour réaliser l’état des lieux de la Promenade Masson. D’ici l’été, plusieurs actions seront mises en place pour dépoussiérer l’image de l’artère rosemontoise.

«On ne se rend pas compte que c’est un joyau, un diamant brut qui a besoin de briller, lance d’emblée Kheir Djaghri, le nouveau directeur général de la SDC, entré en fonction le 5 octobre. La Promenade Masson est sur une vague et il faut éviter qu’elle ne redescende.»

Avec un taux de vacance de 5%, l’artère fait bonne figure à Montréal, où la moyenne est de 9%. Mais pour le directeur, «il ne faut pas s’asseoir sur ses lauriers».

Un appel d’offres a donc été lancé fin 2015 pour passer au crible chaque aspect du développement commercial. L’analyse a commencé début du mois et les résultats sont attendus, au plus tard, en mai.

Quatre axes seront étudiés: le profil de la clientèle, les besoins en terme de mixité commerciale, l’image perçue par la population et le lien avec la communauté pour l’organisation d’événements.

«Depuis que je suis arrivé, on me dit qu’il y a trop de restaurants et de bars, par exemple. Mais je suis quelqu’un de cartésien, alors j’ai besoin qu’on documente cette impression», expose M. Djaghri.

M sur Masson fermeture faillite

Fermeture de commerces
Depuis quelques mois, plusieurs enseignes ont plié bagage. Le dernier en date était un poids lourd de la Promenade, le restaurant M sur Masson.

Une faillite annoncée le 24 janvier tout en retenue sur la page Facebook du bistro où on pouvait lire: «À toute notre très estimée clientèle, c’est à regret que le M sur Masson ferme ses portes. Merci pour tout.»

«On est désolé de cette fermeture, fait savoir le directeur de la SDC, car c’était une locomotive pour l’artère. J’ai discuté avec les propriétaires. Il y a eu une succession d’événements entre les associés qui ont mené à cette décision, un peu comme dans un couple où l’on se sépare lorsqu’il y a trop de divergences.»

Cette fermeture, comme celle attendue du magasin Olives et Olives, réaffirme la nécessité d’une véritable analyse.

«Cela va nous permettre de répondre aux besoins. Par exemple, nous n’avons pas de poissonnerie. Mais, est-ce que les gens en veulent? Les résultats nous permettront d’aider les propriétaires à cibler de nouveaux locataires dans des secteurs précis», évalue le directeur.

Kheir Djaghir, le nouveau directeur général de la SDC.
Kheir Djaghri, le nouveau directeur général de la SDC.

Mieux s’afficher
Depuis son entrée en fonction, M. Djaghri constate le besoin d’améliorer le rayonnement de la Promenade.

«On a un gros problème avec les entrées de l’artère. Il n’y a pas d’identification visuelle que ce soit du côté du boulevard Saint-Michel et encore moins depuis la rue d’Iberville», reconnaît-il.

Une refonte complète du site Web, créé il y a une dizaine d’années, est aussi en préparation. Un point essentiel pour attirer de nouveaux partenaires.

«Actuellement, si vous faites connaissance avec la SDC par notre site Internet, vous n’avez pas envie de venir. Il faut donner une image plus dynamique», affirme-t-il.

Autre projet qui vient tout juste d’être soumis aux 150 membres, celui d’une visite virtuelle de chaque commerce, grâce au système de Google Street View.

«Désormais, les gens n’ont pas de temps à perdre. Ils aiment savoir où ils vont manger, quelle table ils peuvent réserver et voir si le commerce est propre, par exemple», souligne Kheir Djaghri.

Le service de transport en commun sera un autre dossier sur lequel il devra plancher.

«J’avais entendu parler du circuit 47 bien avant d’entrer en poste, lance-t-il en souriant, mais conscient de l’enjeu. Il faudra se mettre autour d’une table avec la STM et voir ce que l’on peut faire. Peut-être augmenter les passages d’autobus ou relier la ligne à une deuxième station de métro.»

Dans son viseur, il n’oublie pas sa première clientèle, celle des résidents qui magasinent à pied. «Nous avons recensé tous les projets immobiliers à venir, car il faudra répondre à cette nouvelle clientèle», assure-t-il.

D’ici 10 ans, plus de 2 000 logements verront le jour dans le quartier dans un rayon de 15 minutes de marche. Une manne pour l’avenir de la Promenade Masson.

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