Un second blocus des taxis mercredi
Les chauffeurs de taxis et de limousines lanceront un nouveau mouvement de grève mercredi à la veille du début de la commission parlementaire censée faire le point sur l’avenir des applications de taxi citoyen. Le blocus se poursuivra pendant toute la durée des travaux de la commission parlementaire.
Le Regroupement des travailleurs autonomes Métallos (RTAM) a indiqué que les chauffeurs occuperont plusieurs aires d’attente à travers Montréal et bloqueront deux artères importantes. Jeudi, les chauffeurs de taxi manifesteront devant l’Assemblée nationale à Québec afin de contester le début des travaux de la commission sur l’industrie du taxi. Samedi soir, un rassemblement festif pour les chauffeurs, propriétaires, leurs amis, leur famille et tous ceux qui souhaitent les appuyer dans leur lutte est organisé au Casino de Montréal.
Selon Jocelyn Desjardins du RTAM qui représente les chauffeurs de taxi, «cette décision fait suite au refus de la société Uber de suspendre son service les temps des discussions».
«Il est inacceptable qu’une entreprise ne respectant pas nos lois et qui pousse l’audace jusqu’à refuser publiquement au gouvernement ses appels à les respecter soit invitée au même pied d’égalité que les représentants d’honnêtes travailleurs et citoyens à qui le préjudice est pourtant causé» -Benoit Jugand, porte-parole du RTAM
À la lecture des documents émis dans le cadre de la commission parlementaire, les chauffeurs craignent un parti pris en faveur d’Uber. Le document mentionne en effet l’exemple de villes telles Edmonton ou Chicago, qui ont réussi à réglementer le service UberX, mais pas de Calgary ni de Vancouver, qui lui ferment actuellement la porte.
Mercredi dernier, plusieurs dizaines de chauffeurs ont ralenti l’accès à l’aéroport Montréal-Trudeau perturbant le déplacement des voyageurs qui venaient d’atterrir. Ils avaient alors ciblé l’aéroport, car l’industrie du taxi possède une entente de 2,5 M$ qui la lie à Aéroports de Montréal. Selon les chauffeurs, ce contrat est contourné par des chauffeurs UberX qui transportent des gens vers l’aérogare.
Il y a deux semaines, le RTAM avait organisé un cortège vers le Palais de justice pour y déposer son injonction qui vise à faire déclarer l’entreprise Uber illégale et à rendre inactive son application au motif que l’entreprise ne respecte pas les règlements liés à l’industrie en ne possédant notamment pas les licences obligatoires.
Le RTAM se dit prêt à cesser ses moyens de pression si Uber suspend ses activités.