Les coulisses du métro visitées illégalement
https://www.youtube.com/watch?v=jED_JBPsVbg
Le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) a ouvert une enquête sur des vidéastes qui ont visité illégalement les coulisses du métro et qui ont mis en ligne samedi dernier le résultat de leur périple.
«On a des enquêteurs qui tentent d’identifier tant les témoins que les auteurs de la vidéo et on est en train de regarder les accusations qui pourraient être portées», a indiqué mardi l’inspecteur et chef de la section métro du SPVM, Carole Lalonde.
La vidéo montre au moins trois personnes qui accèdent au réseau souterrain par ce qui ressemble être une bouche d’égout de la rue Workman, dans l’arrondissement du Sud-Ouest, mais qui est en fait une ouverture menant ultimement vers les tunnels du métro. Elle a été réalisée il y a moins d’un mois puisqu’un exemplaire du journal Métro, daté du 3 mars, y est entrevu.
Les fautifs se sont promenés dans des corridors qui sont inaccessibles au grand public jusqu’à ce qu’ils atteignent un tunnel, où ils ont filmé le passage d’un train. L’un d’eux s’est aussi amusé à faire des flammèches sur les rails.
À bord d’un train, ils ont circulé d’une voiture à l’autre. Ils sont entrés dans la loge du chauffeur située à l’arrière du train. Ils en ont profité pour prendre des images du tunnel pendant que le train était en mouvement jusqu’à ce qu’une employée de la Société de transport de Montréal (STM) ne les surprennent, à la station Square-Victoria–OACI. Ils ont alors rangé leur matériel de tournage et ils ont pris la poudre d’escampette à la station Place-d’Armes.
«Les gens mettent en péril leur vie quand ils font des choses comme cela, a insisté l’inspecteur Lalonde. Il y a beaucoup d’électricité sur les rails. C’est très dangereux ce que les gens ont fait pour leur propre sécurité et celle des autres usagers.»
Les contrevenants s’exposent à des amendes pour avoir enfreint le règlement concernant les normes de sécurité et de comportement des personnes dans le matériel roulant et les immeubles exploités par la STM, de même qu’à des accusations criminelles. Le SPVM est en train d’examiner la preuve avant de décider de la suite des choses. Il demande à quiconque qui détient des informations de communiquer avec la ligne Info-Crime (514 393-1133)
Sur les réseaux sociaux, la vidéo a été partagée à des milliers de reprises. Les avis des internautes étaient partagés sur cette visite illégale du réseau du métro. Certains encensaient les vidéastes et d’autres déploraient l’expérience à laquelle ils se sont livrés, particulièrement à la suite des attentats survenus la semaine dernière à l’aéroport international Zaventem et à la station de métro Maelbeek, à Bruxelles.
À la question de savoir si les accès au métro de Montréal seront resserrés, la STM n’a pas voulu répondre. Elle a indiqué qu’elle «ne dévoilait pas ses stratégies» à ce sujet, précisant du même coup qu’il y a près de 2000 caméras de surveillance dans le réseau souterrain. Elle a fait savoir qu’elle collaborait avec le SPVM, tout en condamnant l’exploration illégale qu’ont fait les vidéastes.
Projet Montréal, l’opposition officielle à l’hôtel de ville, a enjoint la STM à rehausser rapidement la sécurité dans le réseau du métro. «Les usagers du métro doivent sentir qu’ils y sont en sécurité, a mentionné son porte-parole en matière de sécurité publique, Alex Norris. La vidéo diffusée sur les réseaux sociaux laisse plutôt voir que le métro est une passoire.»