Débat sur fond de corruption
Tel que prévu, le premier ministre Jean Charest a été la cible de plusieurs partis politiques, mais aucun parti n’a été tendre envers ses opposants lors du premier débat de la campagne électorale, dimanche soir.
La corruption, les médecins de famille et l’indépendance du Québec ont monopolisé les débats. Le premier débat concernait l’économie et, sans doute en raison de la nervosité, ce n’est pas au cours de ces échanges que les meilleures répliques ont été dites. Étonnamment, alors que cette campagne prend place sur fond de crise étudiante, l’éducation a occupé une place bien mince dans la soirée. M. Charest a tenté à quelques reprises de parler d’intimidation, mais les autres partis ont choisi de ne pas s’avancer sur ce terrain glissant.
La question de la corruption a été discutée, et M. Charest était préparé à répondre aux attaques des autres partis. Il a choisi l’attaque. Il s’est appuyé sur le rapport de l’enquête Moisan publié en 2006, qui avait mis en lumière les «contributions déguisées» des employés de Groupaction. Des sommes avaient en effet été versées sur une période de plusieurs années au Parti québécois. Sur le site du Directeur des élections du Québec, on peut lire que le PLQ est aussi montré du doigt.
Les enjeux sociaux ont surtout été dominés par le débat autour des besoins en santé, et M. Legault a réussi à cristalliser les échanges autour du nombre de médecins de famille requis.
Attaqué sur son bilan en matière de santé, Jean Charest, qui promettait en 2003 de résoudre le problème de l’attente dans les urgences, a répondu qu’il s’applique depuis neuf ans à réparer les «dégâts» du PQ, au pouvoir de 1994 à 2003.
Pour ce tout premier débat de Québec solidaire et de Françoise David, la formation a peiné à s’imposer au départ, mais a pris de l’assurance à mesure que la soirée avançait.
Mme David a surtout ciblé le PLQ et la CAQ, et a servi quelques répliques bien senties.
La question de l’identité nationale a permis à Jean Charest de s’en prendre aux positions ambiguës du PQ et de la CAQ sur la tenue d’un référendum.
Trois autres débats sont prévus cette semaine sur les ondes de TVA et permettront peut-être de débattre des idées de façon plus approfondie. Québec solidaire ne sera toutefois pas présent.