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ALÉNA: deux poids, deux mesures, critique Lisée

PQ leader Jean-Francois Lissee makes a campaign stop at the UPA, Quebec's farmers association, in Longueuil, Que. on Thursday, September 6, 2018. THE CANADIAN PRESS/Paul Chiasson Photo: THE CANADIAN PRESS/Paul Chiasson
Mélanie Marquis, La Presse canadienne - La Presse Canadienne

LONGUEUIL, Qc — Le chef du Parti québécois (PQ), Jean-François Lisée, trouve que «ça n’a pas de bon sens» que Justin Trudeau se dise «intraitable» sur la question du mécanisme de règlement des différends tout en se montrant selon lui «flexible» sur celle de la gestion de l’offre.

Au détour d’une question sur l’agriculture, jeudi, en Montérégie, il a servi une volée de bois vert au premier ministre canadien, lequel a prévenu mercredi que le maintien du chapitre 19 était une condition sine qua non à l’adhésion d’Ottawa au nouvel Accord de libre-échange nord-américain (ALÉNA).

Se désolant que les négociateurs du gouvernement canadien soient «en train de décider à quelle sauce le Québec sera mangé» à la table des pourparlers, il a soutenu que si Justin Trudeau était «intraitable sur l’arbitrage et flexible sur la gestion de l’offre», il devait se «tenir pour dit» que «s’il est flexible sur nos intérêts, les Québécois seront intraitables à l’élection fédérale», en 2019.

«Et moi, premier ministre, mon objectif ne sera pas, comme (Philippe) Couillard, d’avoir de bonnes relations avec Justin Trudeau. Mon objectif, ça va être de défendre les intérêts du Québec et de voir qu’il y a(it) des conséquences politiques à l’élection de 2019 à avoir été flexible sur nos intérêts à nous», a-t-il martelé.

Au cours d’un entretien avec une station de radio d’Edmonton, mercredi, le premier ministre du Canada a déclaré qu’Ottawa ne céderait pas un pouce à la volonté de Donald Trump de supprimer les comités de règlement des différends commerciaux du chapitre 19 du traité commercial.

«Nous devons conserver le règlement des différends (…) parce que cela garantit que les règles sont vraiment respectées. Et nous savons que nous avons un président qui ne suit pas toujours les règles telles qu’elles sont présentées», a-t-il affirmé.

Selon Jean-François Lisée, le premier ministre a donc clairement affiché ses couleurs. Il n’y a «pas décodage à faire»: Justin Trudeau a confirmé qu’il s’apprêtait à «sacrifier la gestion de l’offre», a-t-il tranché un peu plus tard alors qu’il participait au conseil général de l’Union des producteurs agricoles (UPA), à Longueuil.

Mais il faudra encore patienter avant de savoir si les craintes du chef péquiste se matérialisent, aucune entente n’ayant été conclue jeudi du côté de Washington.

La ministre canadienne des Affaires étrangères, Chrystia Freeland, a rencontré jeudi après-midi pendant environ deux heures le représentant américain au Commerce, Robert Lighthizer. De nouvelles directives ont été fournies aux équipes de négociation à l’issue de cet entretien.

La ministre a conservé le même ton optimiste depuis son arrivée à Washington, cette semaine, pour la relance des discussions avec l’administration de Donald Trump. «Nous sommes convaincus, comme nous l’avons été dès le départ, qu’il est possible de conclure un accord qui soit bon pour le Canada, bon pour les États-Unis et bon pour le Mexique», a-t-elle répété.

Des sources avaient indiqué un peu plus tôt que les désaccords subsistaient sur les questions clés que sont la gestion de l’offre, l’exception culturelle et le mécanisme de règlement des différends du chapitre 19.

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