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Omar Khadr demande au tribunal plus de liberté

Omar Khadr demande au tribunal plus de liberté
Photo: Nathan DenetteNathan Denette / La Presse Canadienne

EDMONTON — L’avocat d’Omar Khadr a plaidé jeudi que l’ancien détenu de Guantanamo est un «modèle d’obéissance» et que ses conditions de mise en liberté sous caution devraient être assouplies.

M. Khadr, aujourd’hui âgé de 32 ans, souhaite obtenir un passeport canadien pour se rendre en Arabie saoudite afin d’effectuer le pèlerinage à La Mecque, un devoir rituel que les musulmans espèrent faire une fois dans leur vie. Il veut aussi pouvoir parler sans surveillance à sa soeur, qui avait affiché à l’époque des sympathies pour Al-Qaïda. Zaynab Khadr a fait l’objet d’une enquête au Canada il y a plus de dix ans, mais elle n’a jamais été accusée.

Omar Khadr fait appel de sa condamnation pour meurtre aux États-Unis, et il a obtenu une libération sous caution en attendant la suite des procédures. Mais son avocat a déclaré jeudi devant un tribunal d’Edmonton que la procédure d’appel n’avait pas «bougé d’un pouce» aux États-Unis, et que son client avait pendant ce temps respecté toutes les conditions de sa libération sous caution.

Le Canadien a passé des années en détention à la prison militaire américaine de Guantanamo Bay, à Cuba, après avoir été arrêté à l’âge de 15 ans et accusé d’avoir lancé une grenade qui avait tué le soldat des forces spéciales Christopher Speer, lors d’une offensive militaire en Afghanistan en 2002.

M. Khadr a aussi besoin d’une autorisation pour sortir de l’Alberta. Il s’est rendu plusieurs fois à Toronto pour rendre visite à sa famille ou pour le procès civil visant à faire exécuter un jugement de plusieurs millions de dollars prononcé contre lui dans l’Utah en faveur de la veuve du soldat Speer.

Le ministère public opposé

La Couronne s’oppose à l’assouplissement des conditions de libération sous caution, qu’elle juge appropriées dans les circonstances. Les procureurs ont notamment plaidé que ces conditions n’empêchaient pas M. Khadr d’entrer en contact avec sa soeur — il peut simplement le faire en présence de l’officier chargé de sa libération ou de l’un de ses avocats.

La juge June Ross a mis la cause en délibéré. «Il y a suffisamment d’aspects inhabituels dans cette requête pour que je prenne un peu de temps afin d’y réfléchir», a-t-elle déclaré au tribunal, avant d’ajourner. Elle a indiqué qu’elle rendrait sa décision le 21 décembre.

La cause de M. Khadr a déclenché un vif débat dans l’opinion publique — opposant le terrorisme, les droits de la personne et la primauté du droit — depuis que l’on a appris, en 2017, qu’Ottawa avait réglé à l’amiable, pour une somme de 10,5 millions $, la poursuite que l’ancien prisonnier avait intentée contre le gouvernement canadien.

La Cour suprême du Canada avait conclu en 2010 que les droits constitutionnels de M. Khadr avaient été violés à Guantanamo — et que des responsables canadiens avaient contribué à ces violations.

Le chef de l’opposition officielle, Andrew Scheer, espérait jeudi que le tribunal n’accepterait pas la requête de M. Khadr. «Voilà quelqu’un qui a participé à des activités, qui a combattu avec des groupes terroristes, et dont la famille, c’est connu, a salué non seulement des actes de terrorisme, mais aussi des groupes terroristes eux-mêmes», a-t-il déclaré jeudi à Ottawa.

«Je ne pense pas que ce soit une bonne idée que quelqu’un qui a cette feuille de route puisse avoir plus de contacts avec les membres de sa famille qui continuent à saluer des actes de terrorisme, glorifier des actes de violence. Je pense que c’est honteux.»

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