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Huawei: La demande d’extradition se fait attendre

Huawei: La demande d’extradition se fait attendre
Photo by: Andy Wong / The Associated PressAndy Wong / The Associated Press

OTTAWA — Les autorités américaines s’approchent d’une date limite importante concernant l’extradition de la directrice financière du géant des télécommunications chinois Huawei. La demande officielle d’extradition de Meng Wanzhou doit être transmise aux autorités canadiennes avant la fin du mois.

Vendredi, un porte-parole du ministère canadien de la Justice a déclaré que les États-Unis n’avaient toujours pas déposé les documents nécessaires dans l’affaire Meng. Il a précisé que les Américains ont jusqu’au 30 janvier pour se manifester sinon des avocats spécialisés en matière d’extradition pourraient réclamer la libération de la femme d’affaires.

La police canadienne a procédé à l’arrestation de Mme Meng à l’aéroport de Vancouver, le 1er décembre, à la demande des autorités américaines qui réclament son extradition pour faire face à des accusations de fraude. Selon les États-Unis, elle aurait menti à des institutions bancaires américaines au sujet d’un stratagème visant à permettre à Huawei de contourner les sanctions imposées à l’Iran.

L’arrestation de Meng Wanzhou a déclenché la colère de Pékin et entraîné un conflit diplomatique entre le Canada et la Chine. Le gouvernement chinois soutient que Mme Meng n’a rien à se reprocher et exige sa libération sans quoi le Canada subirait de graves conséquences.

En vertu de la loi canadienne sur l’extradition, les États-Unis disposent de 60 jours, à compter de la date de l’arrestation de Mme Meng, pour déposer une demande d’extradition officielle.

Le ministère américain de la Justice a refusé d’en dire davantage au sujet de l’affaire Meng, sauf pour assurer qu’elle n’est pas affectée par la paralysie partielle qui touche l’administration fédérale. Des milliers de fonctionnaires fédéraux ont été renvoyés chez eux sans salaire en raison d’une impasse budgétaire entre le Congrès et le président Donald Trump.

Gary Botting, avocat de Vancouver spécialisé dans les cas d’extradition, affirme que le ministre de la Justice David Lametti sera forcé de libérer Mme Meng si les États-Unis ne respectent pas le délai.

La directrice financière de Huawei a été libérée moyennant une caution de 10 millions $ CAN, mais doit demeurer dans sa résidence de Vancouver. Elle doit revenir en cour le 6 février afin de fixer une date sur la suite des procédures.

L’avocat Donald Bayne, qui a représenté le professeur d’Ottawa Hassan Diab dans une autre cause d’extradition, considère qu’il n’est pas inhabituel que la demande officielle se fasse attendre. Il croit que les documents seront déposés à temps.

«Les Américains ont provoqué tout cela jusqu’à présent. Ils ne pourraient jamais dire sans rire: « Ouais, on a décidé de laisser tomber » ou « Oups, on n’avait rien de concret dans notre dossier »», analyse l’avocat établi à Ottawa.

Dans les jours qui ont suivi l’arrestation de Meng Wanzhou, la Chine a arrêté deux Canadiens: Michael Kovrig, un diplomate canadien en congé, et Michael Spavor, un entrepreneur. On leur reproche de vagues allégations d’activités mettant en danger la sécurité nationale de la Chine.

La Chine a également condamné à mort un autre Canadien, Robert Lloyd Schellenberg, dans le cadre d’un nouveau procès pour une affaire de trafic de drogue. Il avait été condamné en 2016 à une peine de 15 ans, mais le tribunal a prononcé la nouvelle peine après avoir réexaminé son cas.

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