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Le Bloc québécois veut la fin des pesticides «tueurs d’abeilles»

Le chef du Bloc québécois, Yves-Francois Blanchet Photo: Adrian Wyld/La Presse canadienne

Le Bloc québécois veut en finir avec les néonicotinoïdes, ces pesticides tueurs d’abeilles qui «nuisent à la biodiversité». Le chef Yves-François Blanchet a plaidé mercredi pour une interdiction totale de ces produits en planifiant une «période de transition» sur quatre ans.

Une somme de 300 M$ serait investie pendant ce temps dans un programme de recherche visant à identifier des «produits moins nocifs de remplacement des néonicotinoïdes». Le parti souhaiterait aussi évaluer les méthodes «de modification des techniques de culture» en la matière.

«Pour nous, le mot vert, ce n’est pas une marque. C’est un engagement environnemental.» -Yves-François Blanchet, chef du Bloc québécois, lors d’une annonce tenue en Montérégie dans une ferme biologique locale.

«[Ces pesticides] contaminent les cours d’eau, a insisté M. Blanchet dans un communiqué. Il faut agir en vertu du principe de précaution face à des produits qui pourraient aussi avoir des impacts sur la santé des humains.»

L’ancien ministre provincial de l’Environnement – il a occupé ce poste de décembre 2012 à avril 2014 sous le gouvernement péquiste de Pauline Marois – veut aussi initier un dialogue avec les agriculteurs. Ces derniers «ne peuvent pas se revirer de bord instantanément», a-t-il fait valoir.

«Dès qu’on reviendra en chambre, on déposera le plan de mesures et le délai de quatre ans pour la recherche débutera à partir de 2019, jusqu’en 2023», a précisé à Métro l’attachée de presse du parti, Carolane Landry. L’issue de ce débat ne dépendrait donc pas de la performance du Bloc au scrutin du 21 octobre, ajoute-t-elle.

Des mesures d’assouplissement réclamées

Le parti somme aussi le prochain gouvernement fédéral d’«assouplir» le programme Agri-Investissement. Mise sur pied au tournant des années 2000, cette politique permet notamment à un agriculteur de déposer un certain montant dans un compte, puis de toucher des redevances équivalentes des différents paliers de gouvernement. Le maximum est de 10 000$ à l’heure actuelle.

Selon des données de l’Organisation des Nations Unies, ces pesticides contribuent à faire grimper le taux d’extinction des pollinisateurs de 100 à 1000 fois plus élevé. Les changements climatiques, de manière générale, auraient aussi leur rôle à jouer dans cette importante augmentation.

L’an dernier, l’Union européenne a interdit l’usage de certains néonicotinoïdes, soit les pesticides comprenant soit de la clothianidine, du thiaméthoxame ou de l’imidaclopride. Ottawa, qui a étudié la question l’an dernier, a déjà restreint l’usage de ces pesticides sans toutefois les interdire. Un verdict sur une prohibition complète doit être rendu en 2020.

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