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Crise climatique: le cri du coeur sur papier de Gabriel Nadeau-Dubois

Crise climatique: le cri du coeur sur papier de Gabriel Nadeau-Dubois
Photo: François Carabin/MétroGabriel Nadeau-Dubois

Gabriel Nadeau-Dubois prend la plume dans un nouveau livre, Lettre d’un député inquiet à un premier ministre qui devrait l’être. Le coporte-parole de Québec solidaire espère ainsi interpeller directement François Legault sur la crise climatique.

«C’est un homme qui n’a pas ou a peu d’idées en matière de changements climatiques, estime le député de Gouin en entrevue avec Métro. À chaque fois qu’on l’a interpellé sur la question, ce qui est devenu clair, c’est qu’il n’avait pas de programme et que, pire encore, ce n’était pas un enjeu qui venait le chercher dans ses tripes.»

Le petit ouvrage d’une centaine de pages a été rendu disponible en librairies vendredi dernier. Il dresse une large liste d’épicerie des impacts que le réchauffement de la planète aura sur la province si le gouvernement «opte pour le scénario business as usual».

«Monsieur le premier ministre»

Pourquoi s’adresser directement au premier ministre? «J’ai décidé de lui écrire dans une volonté un peu naïve d’éveiller son enthousiasme», explique M. Nadeau-Dubois.

Malgré la présence d’un ministre de l’Environnement au gouvernement, l’auteur a décidé de livrer son message directement à M. Legault.

«La triste réalité, c’est que les ministres n’ont comme pouvoir que ceux que le premier ministre leur donne», avance le député de Gouin.

«Je crois qu’autour de la table du Conseil des ministres, il y a des gens très importants. Je ne pense pas que le ministre de l’Environnement en fait partie. Les priorités de François Legault sont ailleurs.» – Gabriel Nadeau-Dubois

M. Nadeau-Dubois n’a «aucune raison de croire» que M. Legault ne lira pas son livre, dit-il.

La page couverture du livre «Lettre d'un député inquiet à un premier ministre qui devrait l'être»
La page couverture du livre

Une nouvelle banlieue

Gabriel Nadeau-Dubois souligne dans son livre que le premier ministre devra faire le «sacrifice» de poser des gestes pour changer l’organisation des banlieues, qui constituent une large part de l’électorat de la Coalition avenir Québec (CAQ).

«C’est le grand dilemme de tous les politiciens à l’heure de la crise écologique. Notre système politique fonctionne sur une logique électoraliste qui promet le confort aux électeurs. La crise climatique vient bousculer cette logique», affirme-t-il.

«Les banlieues ont à gagner une amélioration de leur qualité de vie, poursuit M. Nadeau-Dubois. En favorisant le télétravail, en diminuant les bouchons de circulation. Ce qui va donner plus de temps aux gens.»

Pression sociale

Selon Gabriel Nadeau-Dubois, la lettre n’est qu’une «timide contribution» à l’effort de pressions adressées à François Legault. Les mobilisations citoyennes pour le climat doivent se poursuivre, soutient l’élu.

«La clé c’est la durée, avance celui qui était au devant des manifestations étudiantes du Printemps érable. Maintenant, il faut maintenir la pression et continuer à sortir dans les rues.»

Le porte-parole solidaire croit «que c’est possible de réorienter le gouvernement». «Est-ce que François Legault va devenir un premier ministre écologiste? Je ne crois pas, lance-t-il. Mais est-ce qu’on peut le réorienter juste assez d’ici 2022 pour éviter une catastrophe? Je pense que oui.»