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Minéraux stratégiques: Québec annonce une consultation immédiatement critiquée

Minéraux stratégiques: Québec annonce une consultation immédiatement critiquée
Photo: Archives MétroLe ministre de l'Énergie et des Ressources naturelles, Jonatan Julien

Le ministre de l’Énergie et des Ressources naturelles, Jonatan Julien, a annoncé mardi le lancement d’une consultation sur la mise en valeur des minéraux critiques et stratégiques. Mais celle-ci a rapidement été critiquée par des élus de l’opposition, des experts et des représentants d’organismes environnementaux, qui ont appelé Québec à revoir la «considération sociale et environnementale» entourant l’exercice.

«Le développement des minéraux au Québec doit se faire de façon exemplaire», martèle le porte-parole de la Coalition pour que le Québec ait meilleure mine, Hugo Lapointe. Il s’est dit mardi «préoccupé, même déçu» par la position actuelle du gouvernement et de son document de consultation.

Son groupe somme le gouvernement de «réduire à la source» d’abord. L’objectif: prioriser les initiatives de recyclage et l’économie circulaire pour soutenir les filières minières en fin de vie.

«Il y a beaucoup de travail à faire et les défis en électrification des transports sont immenses. Il faut nettoyer le passif environnemental de l’industrie. Toute nouvelle mine devrait être assujettie à une évaluation du Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE).» -Hugo Lapointe, porte-parole de la Coalition pour que le Québec ait meilleure mine

M. Lapointe enjoint également Québec de revoir la Loi sur les mines pour «s’assurer que les collectivités autochtones et les MRC aient un mot à dire sur les choix d’aménagement sur leur territoire». Il envisage aussi l’implantation du «principe pollueur-payeur» au sein de la Politique énergétique 2030. Et la révision «des critères d’investissements responsables de nos institutions financières au Québec».

Dans un communiqué, le ministre Jonatan Julien a affirmé que les minéraux critiques et stratégiques «ont un rôle déterminant à jouer dans la production de biens, lequel rôle doit répondre aux politiques économiques du Québec».

Il dit viser une perspective «de création de richesse». Québec rendra un formulaire accessible en ligne pour permettre aux citoyens de s’exprimer. 

Le PQ et QS en appui

La députée solidaire et porte-parole de son parti en matière de ressources naturelles, Émilise Lessard-Therrien, appuie le combat des organismes.

«Le statu quo énergétique n’est pas une option, a-t-elle dit. Il faut revoir notre façon de consommer, mais aussi notre façon de produire.»

Elle affirme que la CAQ doit «rapidement établir un nouveau contrat social» avec les entreprises minières.

«Le gouvernement ne doit pas laisser la main invisible lui tracer les règles du jeu. On lui demande d’avoir de la vision et de penser aux générations futures.» -Émilise Lessard-Therrien, députée de QS

Même son de cloche pour le député péquiste de Jonquière, Sylvain Gaudreault. «On a une occasion unique de faire les choses différemment au Québec, dit celui qui est aussi porte-parole en matière de ressources naturelles pour son parti. Il y a des limites à s’inspirer du passé.»

Il appelle le gouvernement Legault à mener la consultation «la plus large et la plus ouverte possible», en se préoccupant de «l’avis et de la vie des citoyens directement concernés».

Duguay aussi indigné

Le populaire artiste québécois Raôul Duguay s’est aussi prononcé contre la CAQ dans ce dossier. «Je n’ai vu nulle part mention de la protection de l’environnement, ni de l’acceptabilité sociale, indique-t-il à propos des documents de consultation du gouvernement.

«Est-ce qu’on choisit la vie ou le profit? Et est-ce que le pouvoir est aux mains du gouvernement ou de l’industrie?», s’est-il aussi questionné.

Pour le natif de Val-d’Or, il faut bien sûr favoriser l’économie rentable pour l’épanouissement du Québec, mais il faut aussi «réhumaniser l’industrie, voir ça avec le cœur, et non seulement avec la raison».

«Ça prend un équilibre entre l’économie et l’écologie. En ce moment, on a trop souvent des exemples qui nous prouvent le contraire», a-t-il aussi déploré.