National

«La culture n'est pas une marchandise»

Rasmané Ouedraogo, comédien et réalisateur, a fait le voyage depuis le Burkina Faso où il réside et travaille dans le cadre de la journée mondiale pour la diversité culturelle, mise en place par l’UNESCO, qui a lieu aujourd’hui. Il est le président d’une coalition qui regroupe les professionnels de la culture d’une quarantaine de pays et a son siège dans la métropole.

Comment défendre la diversité culturelle aujourd’hui?
Il y a des organisations comme l’OMC qui prônent le tout commercial. Nous nous sommes dit que la culture, la production culturelle ne peuvent être vues sous cet angle là car chaque produit culturel véhicule aussi l’âme de ceux qui l’ont fabriqué. Il est dépositaire de l’identité du peuple qui l’a conçu. Les organisations professionnelles de la culture se sont retrouvées sous la houlette du Québec et aussi de la France pour la défense de cette diversité culturelle.

Et au Canada?
Le Canada a en face de lui le géant américain qui occupe tout. Les Canadiens et les Québécois ont par réaction affirmé leur identité. C’est à cette lutte à laquelle nous avons adhéré. Mutuellement les peuples s’enrichissent à travers leurs échanges culturelles.

Comment va la production culturelle dans votre pays, le Burkina Faso?
Nous sommes de petits pays avec des industries culturelles embryonnaires. Nous avons déjà subi une première violation de notre espace culturel par la colonisation qui est venue avec la croix et la poudre pour nous imposer une vision du monde. Avec la mondialisation, c’est tout l’espace culturel maintenant qui est occupé car nous nous sommes retrouvés comme de simples consommateurs de produits culturels venant d’ailleurs. Ceci est train d’annihiler notre potentiel culturel.

Articles récents du même sujet