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Opération militaire ALTAIR : Imposante et inconnue

On le sait peu, mais, après l’Afghanistan, le plus gros déploiement des Forces canadiennes a pour théâtre d’opérations l’une des zones maritimes les plus dangereuses de la planète.

Entre la mer d’Oman, proche du Pakistan, et le golfe d’Aden qui borde la Somalie, et dans un anonymat médiatique presque complet, plus de 850 marins canadiens se sont joints depuis deux ans à la Force opérationnelle combinée (CTF-150), qui comprend notamment Les États-Unis, la France, l’Allemagne et le Pakistan.

Dans le cadre de l’opération ALTAIR, ils tentent de sécuriser le transport maritime et font la chasse aux pirates et aux trafiquants. C’est par cette région que passent 70 % des exportations mondiales de pétrole.

«Hash highway»

«En empêchant les trafiquants de drogue d’utiliser la mer, on participe à la lutte contre les groupes terroristes qui se servent de ce genre de trafic pour se financer», explique par téléphone Yves Germain, commandant en second du NCSM Protecteur, l’un des quatre navires canadiens actuellement dans la région.

Le Canada, qui commande actuellement la CTF-150, en est à sa quatrième rotation. Mais avec le destroyer NCSM Iroquois, la frégate NCSM Calgary, le pétrolier-ravitailleur NCSM Protecteur et le NCSM Ville de Québec, qui escorte les navires du Programme alimentaire mondial, il s’agit de son plus gros déploiement.

Un déploiement qui porte ses fruits. Lors de la rotation précédente, le NCSM Chralottetown avait arraisonné sur le «hash highway» un boutre pakistanais qui transportait 4,3 tonnes de résine de cannabis.

Des pirates actifs

En Somalie, la piraterie est en train de devenir un secteur florissant. Entre janvier et juillet 2008, 24 cargos ont été arraisonnés par des pirates somaliens. Pour 2007, on a dénombré 31 actes de piratage.

«Les pirates arrivent dans de petits hors-bord armés de mitraillettes et peuvent s’attaquer à tous types de bateaux pour voler leur cargaison ou demander des rançons», confie Erik Fowler, officier des opérations à bord du NCSM Calgary.

Dernièrement, les pirates ont même pris en otage un tanker chimique malaisien. Généralement, ils prennent en otage l’équipage, con-voient le bateau vers la Somalie pour éviter d’être poursuivis par les forces internationales et, une fois que la rançon est versée, ils se perdent dans la nature, résume M. Fowler.

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