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L'habit ne fait pas le moine?

La moustache de Jack Layton ne plaît pas à Cindy Foley.

Les doux yeux bleus de Gilles Duceppe ne font pas craquer Kathleen Fraser.

Stéphane Dion ressemble à un rat, selon Sophie Ouellet.

Et les trois électrices sont d’accord pour dire que Stephen Harper doit dire adieu à son traditionnel débardeur.

«Le fait qu’il soit chauve démontre qu’il est un ardent travailleur et qu’il n’a rien à cacher, lance Cindy Foley au sujet de Jack Layton. Mais la moustache? Il pourrait bien s’en passer.»
À une époque où l’image est plus que jamais mise de l’avant, même pour gagner quelques votes, les politiciens s’en remettent à des professionnels pour les conseiller. Parce que leur look peut décider de leur sort à Ottawa, aux dires de la spécialiste en communication de l’Université de Calgary, Lisa Stowe.

L’image et la beauté sont ancrées dans le subconscient de la société, croit Mme Stowe. Et selon elle, impossible d’y échapper.

«Notre culture repose beaucoup sur l’image. Chaque jour, on nous dit ce qui fait partie des critères de beauté, explique-t-elle. Même si vous pensez voter en fonction de vos valeurs, il y a toujours une part d’inconscient qui vous influence.»

Sur la colline parlementaire, les politiciens sont tirés à quatre épingles – ils renvoient ainsi une image respectueuse selon Mme Stowe. Cependant, quand la campagne électorale arrive, les manches sont roulées, les cravates disparaissent et les cols roulés et les débardeurs apparaissent comme par magie. «Les politiciens tentent ainsi de ressembler au commun des mortels, avance l’analyste politique de l’Université de Toronto, Nelson Wiseman. Et même si ça paraît faux, ça fonctionne.»

«Certains aiment ça, ajoute M. Wiseman. Chacun des chefs devient M. Tout-le-Monde. Ils ne veulent pas avoir l’air trop coincé parce que le citoyen va voter pour quelqu’un avec qui il irait prendre une bière. Mais une fois les élections passées, tous ces vêtements retournent dans le placard jusqu’à la prochaine campagne!»

Pour la consultante en image de Halifax Sharon Skaling, la façon dont se présentent les chefs est très importante. Depuis le début de la campagne, aucun ne s’est démarqué, selon elle. «Si les gens n’aiment pas votre look, ils ne seront pas portés à vous écouter», avance-t-elle.

«Les chefs reçoivent des conseils, mais jusqu’à maintenant, ils n’ont apporté que des changements mineurs», dit Mme Skaling. Je n’ai rien vu de notable.»

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