Formés pour mieux donner
Certains organismes sélectionnent leurs candidats au bénévolat avec soin et, une fois choisis, les obligent à suivre une formation rigoureuse. Des exigences qui peuvent en rebuter plusieurs.
«Une fois que la personne nous a contactés pour manifester son intérêt, on vérifie son degré de motivation et son état émotif au moyen d’une présélection téléphonique, explique par exemple la responsable du recrutement, de la sélection et de la formation des bénévoles chez Suicide Action Montréal, Valérie Briançon. On lui donne aussi des informations sur l’engagement, surtout celles touchant la disponibilité.»
Lorsqu’ils prennent conscience de la tâche demandée, plusieurs candidats abandonnent les démarches. «À la suite de cet entretien téléphonique, nous en perdons la moitié, souligne Mme Briançon. Le manque de temps est certainement un des facteurs qui expliquent ces désistements.» La disponibilité exigée des bénévoles représente 150 heures sur une période minimale d’un an. Durant les sept premiers mois, on leur demande quatre heures par semaine.
Prêts pour la formation
À la suite d’une séance d’information plus détaillée, deux fins de semaine de formation sont données par des bénévoles chevronnés de l’organisme. Situations délicates, simulations d’appels, la pratique est alliée à la théorie pour donner une image aussi fidèle que possible du travail des intervenants.
Puis, le test ultime : la formation in situ. Dans la salle d’intervention, les futurs bénévoles, encadrés par un formateur, prennent de vrais appels. De quatre à six quarts de travail sont ainsi encadrés, et s’ils passent le test, ils deviendront officiellement bénévoles. «Je les surnomme affectueusement mes grands bénévoles!» confie avec fierté Mme Briançcon.
Un autre exemple
Chez les Grands Frères et Grandes SÅ“urs du Grand Montréal (GFGSGM), la sélection et la formation ressemblent en plusieurs points à celles qu’offre Suicide Action. Présélection, longue entrevue avec des intervenants formés en psychologie ou en travail social, vérification des références et des antécédents judiciaires précèdent la formation des futurs bénévoles. Puis, selon le programme que ceux-ci choisissent, une formation spécialisée d’une journée vient compléter le bagage requis pour qu’ils puissent voler de leurs propres ailes.
Par exemple, le mentorat à l’école, un des principaux programmes de GFGSGM, exige du bénévole qu’il passe plus d’une heure par semaine à l’école de l’enfant et y fasse des activités pour la durée de l’année scolaire. «Environ 80 % de nos services de mentorat sont offerts en partenariat avec les universités de Montréal, a précisé la directrice de l’organisme, Ginette Sauvé. Les universitaires ont la liberté et la disponibilité nécessaires pour ce type de programme.»
Même si le jumelage entre le mentor et l’enfant tient compte de leurs affinités et de leurs intérêts communs, il y a des obstacles inhérents à ce type de bénévolat. «Nos [bénévoles] sont jumelés avec des enfants de familles monoparentales qui sont souvent susceptibles de décrocher, indique Mme Sauvé. Nos bénévoles jouissent donc du soutien de nos intervenants pour s’assurer de la réussite du jumelage.»