Financement des universités: Le dégel des droits de scolarité sur la table
Devant l’incapacité du gouvernement du Québec à hausser ses contributions aux universités, un groupe de 16 personnalités, mené par l’ancien premier ministre Lucien Bouchard, a proposé mardi un nouveau pacte de financement, qui passerait par un dégel des droits de scolarité.
Disant vouloir susciter un «débat convivial», Lucien Bouchard s’est notamment entouré de l’ex-président du Conseil du trésor Joseph Facal et de l’ex-ministre des Finances Monique Jérôme-Forget. Ils ont préparé un plan qui permettrait aux universités québécoises de réintégrer le modèle nord-américain et d’améliorer leur financement sans compromettre leur valeur d’accessibilité.
«Le modèle de financement des universités québécoises est un échec, a affirmé Robert Lacroix, ancien recteur de l’Université de Montréal. Nous devons non seulement le constater, mais y remédier.»
La facture aux étudiants
Selon les signataires du pacte, les universités ont dû accumuler un déficit qui dépassera cette année 500 M$ afin de pallier le sous-financement qui les touchent depuis 15 ans. «Le gouvernement a fait sa part, a expliqué M. Bouchard. Il faut se tourner vers les étudiants.»
Le groupe a proposé de déplafonner les droits de scolarité et de les différencier selon le niveau d’études et le secteur disciplinaire. Une telle mesure se traduirait, pour 80 % des étudiants, en une hausse de 2 200 $ des droits de scolarité par année. La hausse serait toutefois plus importante pour les étudiants des secteurs professionnels à coûts élevés, dont la médecine, qui seraient confrontés à des hausses variant de 3 000 $ à 10 000 $ par année.