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Une nouvelle campagne pour contrer l'homophobie dans le sport

Métro s’est entretenu avec Laurent McCutcheon, président de la Fondation Émergence, qui a présenté aujourd’hui sa nouvelle campagne contre l’homophobie.

Votre nouvelle campagne, Parler du silence, se concentre sur le monde du sport, pourquoi?
Chaque année, nous choisissons une thématique particulière, de façon à rejoindre l’ensemble de la problématique. L’année dernière, nous nous sommes concentrés sur les communautés culturelles. Cette année, comme nous sommes dans le contexte des Jeux olympiques de Vancouver, le sport nous semblait une thématique tout à fait appropriée.

L’homophobie est-elle particulièrement présente dans le monde du sport?
Ce qui est particulier avec le monde du sport, c’est qu’on ne parle pas de l’homosexualité, ni en bien ni en mal. C’est pour cette raison que nous avons intitulé notre campagne Parler du silence. Dans le milieu sportif, la porte est fermée. C’est le silence absolu. On a beau essayer de parler à des journalistes sportifs ou à des dirigeants de ligues professionnelles, personne n’est ouvert. Notre prétention, c’est que sur le plan individuel, les sportifs ne sont pas plus homophobes que les autres. Mais ils font partie d’un système où l’homosexualité est un sujet duquel on ne parle pas. Cela fait en sorte que si des homosexuels veulent faire une carrière dans le monde du sport, ils sont obligés de rester dans le placard.

Êtes-vous parvenu à convaincre un sportif professionnel d’agir à titre de porte-parole de votre campagne?
Pas encore, mais nous aimerions ça. Selon moi, le milieu sportif est le dernier milieu à être aussi rigide, aussi fermé à l’homosexualité. En principe, il ne devrait pas y avoir de raison. Il faut trouver le moyen d’ouvrir ce dossier et faire en sorte que quelqu’un en parle. Si des joueurs professionnels ou des dirigeants d’équipe prenaient position, la porte s’ouvrirait. Pour le moment, nous avons seulement reçu l’appui des ministres de la Justice, Kathleen Weil, et de l’Éducation, Michelle Courchesne.

Au Québec, l’homophobie est-elle encore très problématique?
Nous avons fait des progrès extraordinaires au cours des dernières années. Quand nous avons lancé la première campagne, en 2003, le mot homophobie était pratiquement inconnu. Les gens parlaient plutôt de discrimination sur la base de l’orientation sexuelle. Maintenant, tout le monde sait ce qu’est l’homophobie. C’est un signe de progrès pour nous. La société a évolué énormément, mais il y a encore des réticences. C’est comme la discrimination envers les femmes. Ça a beaucoup diminué, mais on ne peut pas dire qu’il n’y a plus de discrimination envers les femmes.

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