Une famille sur deux contribue aux études de ses enfants
À peine une famille sur deux ayant un revenu brut oscillant entre 30 000 $ et 60 000 $ par année contribue aux études de ses enfants qui fréquentent un établissement universitaire, indique une étude dévoilée hier par les fédérations étudiantes. Pourtant, le régime de l’aide financière aux études estime que ces étudiants devraient recevoir jusqu’à 6 000 $ de leurs parents.
«Ce ne sont pas les familles de la classe moyenne qui ne veulent pas aider leurs enfants à aller à l’université, c’est qu’elles ne peuvent plus, a affirmé hier le président de la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ), Léo Bureau-Blouin.
En général, ces étudiants de la classe moyenne qui sont aidés par leurs parents reçoivent 2 000 $ par année, alors que les frais de toutes sortes pour mener des études universitaires pendant un an atteignent près de 3 500 $. «Les prêts et bourses deviennent de plus inaccessibles au fur et à mesure que le revenu brut augmente», a fait remarquer le président de la Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ), Louis-Philippe Savoie.
Advenant une nouvelle hausse des droits de scolarité, les étudiants pourraient se tourner vers leurs parents s’ils peinent à payer leur facture d’université et même les forcer à le faire. Des dispositions du Code civil leur permettent de les poursuivre s’ils refusent de contribuer à leurs études. «La judiciarisation des rapports entre parents et enfants n’est pas une solution souhaitable, mais c’est la seule solution qui reste aux étudiants dont les parents ne contribuent pas à leur éducation», a dit l’avocat consultant de la clinique juridique Juripop, Me Félix-Antoine Michaud. Ce dernier a précisé que très peu d’étudiants se lancent dans une bataille judiciaire contre leurs parents.
Les hausses des droits de scolarité qui seront imposées aux étudiants après 2012 seront dévoilées la semaine prochaine dans le budget provincial. Les étudiants s’attendent à des augmentations beaucoup plus importantes que celles décrétées en 2007, qui équivalaient à 100 $ de plus par année pendant cinq ans pour les étudiants à temps plein. Il réclament plutôt que les droits de scolarité soient gelés après 2012.