Un nouveau manifeste contre le pétrole
Le bras de fer entre les personnalités publiques pour et contre l’exploitation du pétrole québécois s’est poursuivi, lundi, avec la publication d’un nouveau manifeste en défaveur de l’or noir.
Le texte publié par 28 personnalités, dont le musicien Richard Desjardins, le militant Gabriel Nadeau-Dubois, ainsi que les ex-péquistes Lisette Lapointe et Pierre Curzi, se veut une réplique au manifeste pro-pétrole publié au début du mois. Ce dernier était signé, entre autres, par l’ex-premier ministre péquiste Bernard Landry, l’ex-ministre libérale des Finances Monique Jérôme-Forget et le politologue Joseph Facal.
«Il faut démentir les affirmations hasardeuses du Québec inc., qui déclare que l’exploitation pétrolière est la seule solution économique pour contrer le déficit et l’augmentation de services dus au vieillissement de la population», s’exclame Andres Fontecilla, porte-parole de Québec solidaire et coauteur du manifeste. Selon ce dernier, il ne faut pas accroître notre dépendance au pétrole, mais plutôt étudier les façons de s’en affranchir, en développant «de nouvelles filières énergétiques qui apporteraient des profits et des emplois à long terme».
Le but de cette sortie est aussi de réclamer au gouvernement Marois de permettre un débat plus éclairé sur la question, avance le signataire et metteur en scène Dominic Champagne. «Même si Mme Marois s’y oppose, il me semble nécessaire de commander une étude sur les impacts sociaux, financiers et environnementaux de l’exploitation éventuelle du pétrole sur nos terres et sur notre fleuve», a-t-il fait valoir.
Quelques réactions
Les réactions pour et contre le manifeste ont fusé, lundi. En voici deux:
- «Je suis préoccupée que les investissements de notre gouvernement nous amènent à notre perte.» -Alexa Conradi, signataire et présidente de la Fédération des femmes du Québec.
- «Cette réplique utopiste n’ébranle pas ma conviction qu’il faut explorer nos gisements, qui nous permettraient de diminuer les importations de pétrole qui coûtent 11G$ par année.» -Françoise Bertrand, PDG de la Fédération des chambres de commerce du Québec