La défense dépeint Rafferty comme un dupe innocent
LONDON, Ont. – La défense au procès de Michael Rafferty pour le meurtre de la petite Victoria Stafford laisse entendre qu’il a été manipulé pour servir les plans de sa copine, qui voulait enlever et assassiner l’enfant dans le but de régler une dette de drogue.
Témoignant au procès de M. Rafferty, Terri-Lynne McClintic a réfuté vendredi toutes les allégations de l’avocat de la défense, notamment qu’elle aurait offert Victoria Stafford comme objet sexuel à Michael Rafferty, et que celui-ci aurait refusé la proposition.
L’avocat de la défense, Dirk Derstine, a dépeint son client comme un dupe innocent, qui n’était pas au courant que sa petite amie avait poussé une petite fille dans sa voiture le 8 avril 2009, près de l’école primaire de Woodstock, en Ontario.
La défense a décrit McClintic comme une femme à l’appétit insatiable de violence.
Le jury a vu deux visages bien différents de la femme de 21 ans: une adolescente en larmes remplie de regrets et horrifiée par les choses répugnantes que M. Rafferty aurait fait subir à la petite Victoria, et une criminelle endurcie tellement remplie de haine et de violence qu’elle aurait mis un chien dans un four à micro-ondes lorsqu’elle était enfant.
Terri-Lynne McClintic purge déjà une peine d’emprisonnement à vie après avoir plaidé coupable de meurtre prémédité relativement au décès de la petite Victoria. Son témoignage, au coeur du procès, s’est terminé vendredi, lorsque Me Derstine a présenté son interprétation des faits survenus il y a près de trois ans. Le témoin a tout nié.
«L’enlèvement était votre idée (…) Vous avez attiré la fillette vers la voiture amicalement et Michael n’en savait rien», a lancé Me Derstine. «Plus tard, vous lui avez dit que la petite fille était dans la voiture pour une dette de drogue et un peu plus tard (…) vous l’avez offerte à Michael, sexuellement.»
«Je suis en total désaccord avec vous», a répondu McClintic.
Lors de son témoignage, elle a raconté que M. Rafferty l’avait exhortée à enlever une jeune fille pour lui, mais que lorsqu’elle avait ramené Victoria à la voiture, il lui avait reproché qu’elle ne soit pas assez jeune. Selon la version de la jeune femme, l’accusé aurait violé Victoria, puis McClintic, l’esprit troublé par les traumatismes de son enfance, aurait tué la petite.
Toutefois, le jury a également entendu une version bien différente. McClintic avait d’abord raconté à la police que c’était M. Rafferty qui avait tué la fillette à coups de marteau. Elle est revenue sur cette version le 13 janvier dernier, quelques jours avant le début des procédures judiciaires contre M. Rafferty.
Il a plaidé non coupable de meurtre prémédité, d’agression sexuelle ayant causé des blessures et d’enlèvement.
McClintic aurait aussi dit à sa marraine, qui lui rendait visite en prison plus tôt cette année, que la seule chose qui la dérangeait vraiment concernant le meurtre de Victoria Stafford était son jeune âge. Sinon, elle pourrait volontiers répéter ses gestes.