Demandes pour plus de services spécialisés aux élèves
Alors qu’ils s’apprêtent à négocier leur prochaine convention collective, les professionnels de l’éducation demandent au gouvernement de prendre des mesures contre ce qu’ils considèrent comme une pénurie de services spécialisés pour les élèves.
La Fédération des professionnelles et professionnels de l’éducation du Québec (FPPE-CSQ), qui regroupe 7300 professionnels comme les orthophonistes, les conseillers en orientation et les psychologues dans presque toutes les commission scolaires à travers le Québec, a présenté ses demandes lundi en conférence de presse. Elles avaient été déposées à la fin octobre auprès de la partie patronale.
«À la Commission scolaire de Montréal, plusieurs jeunes du secondaire n’auront jamais de rencontre avec un conseiller en orientation, a illustré Johanne Pomerleau, présidente de la FPPE-CSQ. C’est pourtant crucial pour motiver les jeunes à poursuivre leurs études.»
Selon Mme Pomerleau, les effectifs de professionnels de l’éducation ne répondent pas aux besoins dans les écoles primaires et secondaires. D’après les calculs du syndicat, malgré que le gouvernement ait ajouté 420 postes suite aux négociations de 2010, 168 autres n’ont pas été affichés suite à des départs. «Ce qu’on a gagné d’un côté, on les perd de l’autre. En même temps, le nombre d’élèves en difficulté augmente», a soutenu Mme Pomerleau. La FPPE-CSQ souhaiterait donc l’ouverture de postes supplémentaires.
Les conditions de travail de ces professionnels feraient aussi en sorte que les commissions scolaires auraient de la difficulté à les attirer et à les retenir. Ils seraient nombreux à préférer travailler pour le secteur privé ou les établissements de santé.
La FPPE demande notamment qu’ils aient le matériel nécessaire pour travailler, que leur temps de préparation, de concertation et de rédaction soit reconnu et que les exigences de maîtrise et de doctorat soient pris en compte dans leurs conditions salariales. «Ils sont débordés et ils sont découragés par le travail qu’ils n’ont pas le temps de faire et les listes d’attente qui s’accumulent», a ajouté Mme Pomerleau.
L’Association québécoise des troubles d’apprentissage (AQETA) fait les mêmes constats que la FPPE-CSQ concernant le manque de ressources et la difficulté de rétention des professionnels.
«Plusieurs jeunes vont cumuler des éléments de retard d’apprentissage parce qu’ils ne sont pas aidés par un orthophoniste au moment où ils en ont besoin. Ça peut aller jusqu’à l’échec et le décrochage», a signalé le président de l’AQETA, Jean-Louis Tousignant.
Étant donné que ces questions feront l’objet de négociations, le ministre de l’Éducation Yves Bolduc n’a pas souhaité émettre de commentaire à leurs sujets.