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Le jour de la libération

Avertissement : Cette chronique fait l’apologie d’une certaine forme de violence.

L’histoire du jeune d’Alma qui a décidé de partir parce qu’il n’en pouvait plus de se faire écourer à son école est épouvantable. Demandez à ceux qui ont subi ce genre de persécution. Ces victimes marquées à jamais vous diront qu’elles ont vécu un enfer qui rallumait ses fourneaux à chaque matin. 

J’allais à l’école Urgel-Archambault dans Tétreauville. Une école de gars comme on n’en voit plus. S’y retrouvait un assortiment de bolles, de p’tits bums, de rien-en-particulier et autres spécimens de l’univers adolescent et boutonneux. En secondaire 4, il y avait un nerd. Appelons-le Stéphane P.  En toute confidence, Stéphane P, c’est son vrai nom. Grand timide à lunettes et sérieusement enveloppé. Il fréquentait exclusivement – et forcément – les autres rejetés du troupeau. Sur son front, on pouvait presque lire «Écourez-moi».

Certains profs se permettaient parfois d’en rajouter. Je pense notamment à Raymond D en éducation physique qui, abandonnant momentanément certains jeunes chouchous qu’il admirait décidément beaucoup, aimait bien fouetter les cuisses du gros avec le cordon de son sifflet. Stéphane P ne courait pas très vite. En tous cas, jamais assez pour semer son tortionnaire. 

Stéphane P avait un autre bourreau qui s’appelait François P. La moustache précoce, le paquet d’Export A moulé dans son t-shirt, c’était une terreur au regard mauvais. En animal obéissant aux lois de la nature, François P sélectionnait généralement ses adversaires parmi les plus faibles. Pour lui, une proie bien dodue comme Stéphane P était trop appétissante. Donc, jour après jour, il le pourchassait inlassablement.  Pour l’enfarger, l’insulter, lui donner du «fif». Jusqu’au jour…
 
Jusqu’au jour où, n’ayant plus rien à perdre, Stéphane P a décidé de répliquer au baveux. En lui c… une formidable volée de coups de poing sur la yeule! Pas la gueule, la YEULE. Pris de court et le museau sanguinolent, François P avait même braillé un peu. Humilié vous dites? Du coup, tout le monde avait grandi d’un pouce.
 
François P, le toffe, était tombé. Ensuite, il avait choisi de se fondre dans le reste de la masse en gardant un profil qui lui convenait fort bien. Un profil bas. Mais alors tellement bas…

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