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Fouilles complètes dans les centres jeunesse

Photo: Archives Métro

Les fouilles complètes sont autorisées dans les centres jeunesse de la province.

Métro a parlé à deux jeunes adultes ayant habité au Centre jeunesse de Laval entre 2006 et 2014, alors qu’ils relevaient de la Protection de la jeunesse. Ils disent avoir régulièrement subi des fouilles dites «complètes».

«On allait dans une salle d’isolement avec de deux à six agents de sécurité. On devait se déshabiller au complet sans qu’ils nous regardent, enfiler une robe de chambre et leur donner nos vêtements afin qu’ils les examinent. On devait ensuite faire des jumping jacks ou des exercices comme ça, a raconté Esteban Torres. C’était pour savoir si on avait caché de la drogue, des armes ou des téléphones cellulaires. Souvent, ils ne trouvaient rien.»

Esteban a indiqué avoir fait l’objet de telles fouilles au moins une fois par mois, alors qu’une jeune femme qui a préféré garder l’anonymat a dit que c’était pratiquement tous les jours, chaque fois qu’elle revenait de l’extérieur.

«C’est frustrant, surtout quand tu sais que tu n’as rien fait de mal, a témoigné la jeune femme en question. Tu te sens envahie, violée.»

Selon le Cadre de référence relatif à l’utilisation de la fouille et de la saisie à l’égard des jeunes de l’Association des centres jeunesse du Québec (ACJQ), le recours à la fouille doit être fondé sur des «motifs raisonnables de croire qu’il y a des manquements au règlement ou à la discipline, que la fouille en apporterait la preuve et qu’elle est exécutée de manière raisonnable». Les situations de vol, de consommation de drogue ou le retour de fugue sont considérés comme des situations à risque. Par ailleurs, l’ACJQ a indiqué qu’il était «extrêmement rare» que des fouilles complètes soient effectuées.

«On a honte quand on se fait fouiller. C’est comme si on venait te prendre ta liberté. Je n’ai pas nécessairement envie de montrer mes culottes à des agents de sécurité.» – Esteban Torres

Le Centre jeunesse de Laval n’a pas répondu aux appels de Métro. Par contre, le Centre jeunesse de Montréal (CJM) a expliqué le contexte menant à de telles fouilles et la procédure en cours.

«Il faut que ce soit autorisé par un supérieur. C’est une mesure très encadrée, avec beaucoup de règles et de démarches à suivre, a affirmé Jocelyne Boudreau, porte-parole du CJM. Il faut comprendre que ce sont des jeunes qui ont un lourd passé, qu’ils sont en détresse et qu’on a peur pour leur sécurité.»

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