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Marguerite Blais «à la croisée des chemins»

Photo: Archives TC Media

La maladie et le décès du conjoint de la députée Marguerite Blais auront pesé lourd dans sa décision de quitter la scène politique.

«La décision, je la mûrissais depuis que Jean-Guy était malade», confie Mme Blais, qui aura représenté la circonscription de Saint-Henri–Saint-Anne pendant huit ans.

Le 27 mars dernier, Jean-Guy Faucher, l’homme avec qui elle a partagé sa vie pendant 35 ans, succombait à un cancer. «Ça été un gros choc», dit-elle. Il avait reçu le diagnostic sept mois plus tôt. Tout au long de la maladie, Marguerite Blais a agi auprès de lui comme aidante naturelle.

«J’ai besoin d’un nouveau défi dans ma vie», lance-t-elle. Elle a fait part de ce besoin au premier ministre Philippe Couillard. Pour celle qui a été ministre responsable des Aînés de 2007 à 2012, ce défi aurait justement pu prendre la forme d’un ministère. Mais il n’y avait rien de ce côté à court terme. Il n’y a pas de remaniement du cabinet en vue. «Ça aurait pu changer les choses, m’aider à surmonter les pertes que j’ai subies», explique Marguerite Blais, qui a également vécu le décès de son frère en février 2014.

Il y avait aussi l’option de prendre une pause pendant un certain temps, mais la politique est exigeante, rappelle la députée. «La politique, c’est tout le temps. On ne peut pas prendre une période sabbatique. C’est un domaine où ce n’est pas possible.»

Elle a informé le premier ministre de sa décision mardi. Son départ, qui sera officialisé le 14 septembre à la veille de la rentrée parlementaire, se fait de façon harmonieuse. «J’ai donné. Je veux partir la tête haute», dit-elle.

Épuisée
Marguerite Blais avoue aussi ressentir de l’épuisement. Elle réside à Saint-Hippolyte, dans les Laurentides, et appréhendait les allers-retours entre sa résidence, sa circonscription et Québec.

«Je travaille sans arrêt depuis l’âge de 16 ans, souligne-t-elle. J’aurai 65 ans et je regarde les bonnes années à vivre en santé qu’il me reste.»

Quand elle se penche sur sa carrière politique, Mme Blais dresse un bilan positif de ses années passées à l’Assemblée nationale comme députée et ministre.

«Ce dont je suis le plus fière, dit-elle, c’est quand les gens m’écrivent sur Facebook et me disent « je ne suis pas membre de votre parti mais j’aime le travail que vous avez fait ». J’ai toujours fait mon travail au-delà de la partisannerie.»

Engagement auprès des aînés
Pour Marguerite Blais, il n’y a pas que la politique qui offre des défis. «Je peux aller chercher des défis dans la société civile», mentionne celle qui touchera une allocation de transition – une indemnité de départ – de 150 000$.

Sa préoccupation pour la condition des aînés est toujours bien présente. «Ça ne va pas sortir de mon corps. Je suis attachée aux aînés et aux proches aidants. C’est sûr que je vais continuer à faire des choses qui vont les toucher», assure Mme Blais.

Elle relève aussi depuis quelque temps un défi d’une autre nature qui l’emballe. Elle a pris la plume pour rédiger un essai où il est question de personnes qui ont eu un impact sur son parcours de vie. «Écrire un livre, un ouvrage littéraire, c’est nouveau pour moi», lance-t-elle avec enthousiasme.

Après des moments difficiles, Marguerite Blais se dit prête à entamer un nouveau chapitre de sa vie. «J’aurai 65 ans le 12 septembre et je suis en quête du bonheur.»

Il lui reste encore à son agenda de députée une poignée d’engagements et quelques dossiers à boucler avant de tourner la page.

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