Emploi: Trudeau vante son plan contre celui du NPD
BURNABY, C.-B. — Le Parti libéral du Canada (PLC) a fouillé dans ses idées du passé pour proposer une mesure sur l’assurance-emploi qui, selon le chef Justin Trudeau, aidera les jeunes à trouver du travail.
Les libéraux promettent de renoncer aux cotisations à l’assurance-emploi dans certains cas pour aider à la création d’emplois pour les jeunes qui doivent composer avec un marché du travail difficile et un taux de chômage élevé.
M. Trudeau a dévoilé sa stratégie sur l’emploi vendredi, en Colombie-Britannique, un jour après que le Nouveau Parti démocratique (NPD) eut annoncé une politique similaire pour rejoindre les jeunes électeurs, et, de surcroît, leurs parents et leurs grands-parents.
La promesse libérale coûterait quelque 1,5 milliard $ sur quatre ans, ce qui aiderait au moins 125 000 jeunes à trouver un emploi, selon le parti.
Un gouvernement libéral renoncerait donc pendant 12 mois aux cotisations d’assurance-emploi de tout employeur offrant un emploi à temps plein à des Canadiens âgés de 18 à 24 ans en 2016, 2017 ou 2018.
Les libéraux de Jean Chrétien avaient mis en place une politique semblable à la fin des années 1990 et elle avait eu des «effets positifs impressionnants», a soutenu M. Trudeau.
«Nous avons vu le nombre d’emploi des jeunes grimper pendant ces années-là. C’est exactement ce dont nous avons besoin actuellement étant donné le taux de chômage élevé chez les jeunes», a-t-il déclaré, flanqué de jeunes Canadiens.
Le taux de chômage des jeunes au Canada est de 13,1 pour cent — soit près du double de la moyenne nationale. Par rapport à 2009, lors de la dernière récession, le marché du travail a perdu environ 170 000 d’entre eux.
La promesse libérale propose 400 millions $ de plus que celle des néo-démocrates, qui souhaitent, eux, créer plus de 40 000 emplois, stages payés et placements dans les coopératives.
Le PLC voudrait créer 40 000 nouveaux emplois par année, pour les trois prochaines années, en investissant 300 millions $ par année dans une stratégie emploi jeunesse.
Le parti a également annoncé qu’il paierait jusqu’au quart du salaire d’un étudiant en coopérative, jusqu’à concurrence de 5000 $, pour tout nouveau poste créé.
Les libéraux voudraient aussi embaucher 5000 jeunes pour travailler en tant que guides et interprètes chez Parcs Canada et augmenter à 35 000 le nombre d’emploi financés par le gouvernement fédéral dans le cadre du programme Emplois d’été Canada.
Comme pour ses autres promesses, M. Trudeau a dit que celle-ci sera réalisée parce qu’il est prêt à accepter des budgets déficitaires, le temps de relancer la croissance économique. Il reproche à M. Mulcair de vouloir l’équilibre budgétaire à tout prix et l’accuse de s’apprêter à sacrifier ses promesses électorales sur l’autel de ce budget équilibré.
Le NPD a d’ailleurs mis en doute la possibilité que les libéraux respectent leur promesse dans son intégralité.
L’annonce de M. Trudeau a été quelque peu assombrie par les événements de la veille, alors que l’une de ses candidates de la région de Vancouver, Joy Davies, a remis sa démission jeudi en lien avec ses propos controversés sur la marijuana.
M. Trudeau, qui n’a pas prononcé le nom de Mme Davies, a affirmé que l’incident démontrait une fois de plus que les candidats devaient user de précaution avec les réseaux sociaux.
«Les gens qui sont souvent passionnés sur certains enjeux auxquels ils croient font souvent part de leur opinion d’une manière qui ne passe pas bien en politique», a-t-il expliqué.
Les conservateurs ont souvent attaqué M. Trudeau sur sa proposition de légaliser la marijuana, évoquant l’impact négatif que cela aurait sur les jeunes. M. Trudeau a toutefois souligné que la protection des jeunes était au coeur des revendications de son parti.
Après son annonce, le chef libéral s’est rendu au mont Grouse pour faire de la randonnée en compagnie des journalistes qui le suivent pendant la campagne.