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08:28 10 février 2016 | mise à jour le: 10 février 2016 à 15:49 Temps de lecture: 5 minutes

Les chauffeurs de taxi manifestent contre Uber à l’aéroport Montréal-Trudeau

Les chauffeurs de taxi manifestent contre Uber à l’aéroport Montréal-Trudeau
Photo: Chantal Levesque

MONTRÉAL — Les chauffeurs de taxi et de limousine de Montréal ont tenu parole mercredi en organisant à l’aéroport Montréal-Trudeau un blocus contre le transport parallèle effectué par Uber.

Plusieurs dizaines de chauffeurs de taxi ont investi les lieux, créant une importante congestion et perturbant complètement le transport des passagers qui venaient d’atterrir. La manifestation a pris fin en milieu d’avant-midi.

Le porte-parole du regroupement des travailleurs autonomes Métallos (RTAM), Benoît Jugand, s’est félicité du caractère ordonné de la manifestation.

“Les gens s’attendaient à ce qu’il y ait des mouvements, qu’on commette des actes criminels. Les chauffeurs de taxi, les pères et les mères de famille sont des gens respectueux des lois et de l’État.”

Leur protestation contre le service d’autopartage Uber visait le gouvernement du Québec, à qui ils reprochent son inaction.

“On espère que le premier ministre va saisir le message qu’on envoie aujourd’hui parce que sinon, ça va continuer et ça va être plus gros chaque fois”, a promis M. Jugand.

Le choix de l’aéroport s’explique par le fait que, d’après le RTAM, l’autopartage y est admis, en dépit d’un contrat d’une valeur de 2,5 millions $ liant Aéroports de Montréal à l’industrie du taxi.

Par communiqué, Aéroports de Montréal a toutefois nié cette affirmation, disant avoir rencontré les représentants d’Uber et précisant que l’application Uber “n’est pas disponible dans l’aérogare Montréal-Trudeau”.

Le syndicat des Métallos, qui représente bon nombre des chauffeurs de taxi, a enjoint au premier ministre Philippe Couillard de demander à Uber de cesser ses activités durant toute la durée de la commission parlementaire sur l’industrie du taxi annoncée la semaine dernière.

Si Uber suspend ses activités, le syndicat se dit prêt à cesser ses moyens de pression.

Le maire de Montréal, Denis Coderre, a fait écho à cet appel lors de la réunion hebdomadaire du comité exécutif à l’hôtel de ville.

“Ça prend une trêve pendant les travaux de la commission parlementaire et du côté de l’industrie du taxi et que, pendant toute cette période-là, UberX cesse ses activités”, a déclaré le maire, ajoutant que l’action sur le terrain pouvait avoir des conséquences indésirables.

“On ne veut pas de dérapages, on ne veut pas que le pire puisse arriver. C’est très émotif et je pense qu’on peut, de façon très sereine, discuter”, a fait valoir Denis Coderre.

À Québec, pendant ce temps, le ministre des Transports Jacques Daoust a clairement réaffirmé qu’on ne pouvait tolérer les activités d’Uber dans sa forme actuelle.

“L’application UberX comme on la connaît dans le moment est illégale. Mais moi, je ne veux pas simplement une trêve. Quelque chose qui est illégal, il faut que ça arrête tout le temps”, a-t-il déclaré avant la période de questions mercredi matin à l’Assemblée nationale.

Il a rappelé qu’un millier de voitures avaient été saisies depuis quelques temps, ce qui démontre selon lui la volonté du gouvernement d’agir contre l’illégalité, ajoutant que le gouvernement se doterait d’autres outils d’intervention si ceux-ci étaient requis.

Malgré tout, l’ouverture demeure puisque le ministre Daoust a précisé que l’application Uber “est capable d’être utilisée de façon légale (…) La façon légale, c’est en obtenant des permis de taxi, en prélevant les taxes et les impôts”, a-t-il dit.

Il a d’ailleurs formulé le souhait qu’au terme de la commission parlementaire, il y ait “des nouveaux moyens qui (soient) disponibles sur le marché de type Uber”.

“À ce moment-là, il va falloir qu’on se dote d’outils pour qu’avec les autres applications, tout le monde travaille de façon équitable”, a indiqué M. Daoust.

Le porte-parole d’Uber Canada, Jean-Christophe de Le Rue, a réagi par communiqué, déplorant la demande du maire Coderre de suspendre les activités de l’entreprise.

“Il est dommage de voir qu’encore une fois le maire Coderre veut protéger les intérêts du monopole de l’industrie du taxi et refuse d’écouter la volonté des Montréalais qui ont clairement indiqué leur désir d’avoir des options alternatives de transport sécuritaires, fiables et abordables”, écrit M. De Le Rue.

Le porte-parole a par ailleurs salué l’initiative du ministre Daoust de créer une commission parlementaire, sans toutefois dire un mot sur les propos du ministre quant à l’illégalité des activités d’Uber dans leur forme actuelle.

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