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Ma fille n’est pas à vendre, de l’impuissance et une boule dans le ventre

Ma fille n'est pas à vendre Photo: Télé-Québec / capture d'écran

Lundi soir, Télé-Québec dévoilait le documentaire de la cinéaste Anaïs Barbeau-Lavalette : Ma fille n’est pas à vendre.

Comme le titre l’indique, on attaque de front le sujet de la traite humaine au Canada, de la prostitution juvénile instrumentalisée par les gangs de rues et des répercussions sur les victimes et leur famille.

Je ne prendrais pas de détours, le visionnement du documentaire fait mal, très mal, mais il soulève aussi de nombreuses questions.

La première : comment on peut en être là en tant que société? À quel moment le virage a été pris pour que des hommes exploitent la sexualité des jeunes filles pour en tirer un profit? Qui sont ces gens qui alimentent impunément un système qui détruit des vies pour la simple satisfaction de bas instincts libidineux? Et surtout, comment on s’en débarrasse?

C’est des réponses qui ne seront jamais accessibles, car elles exposeraient le plus laid de l’homme, les plus primitifs des instincts. Toutes nos connaissances, notre intelligence, nos réflexions – impuissance devant un pénis en érection qui peut payer pour s’assouvir sans prendre le temps de comprendre l’impact de ses actions.

C’est la laideur exposée indirectement dans le film, la boule dans l’estomac qu’il nous laisse.

En entendant les témoignages déchirants de ces mères qui ont perdu leurs filles, d’une certaine façon, on se regarde forcément dans le miroir. Et si c’était ma fille? Ma sœur? Ma cousine? Une amie?

Ou pire – et si c’était moi le client qui provoque ce genre de cassure?

Le documentaire a une approche quand même précise du problème en explorant que les cas où des jeunes femmes fuguent, pour des raisons souvent floues, et se retrouvent dans des situations délicates avec des proxénètes et d’autres fripouilles du crime organisé.

Ça a le défaut de ses qualités.

Parce que le premier réflexe est très empathique. Des témoignages comme ceux-là, c’est l’horreur, l’inexplicable, l’impuissance. Ça joue avec des sentiments puissants, qu’on soit parent ou non.

Le défaut, ceci dit, serait de balayer tout le travail relié à la sexualité et à la prostitution d’un même geste devant ces histoires.

Malgré ce bémol, c’est important de relayer ce genre d’informations, ces situations dévastatrices, ne serait-ce que dans l’espoir de changer des vies. En ce sens, le documentaire fait œuvre utile, même s’il ne représente pas un portrait global et réaliste d’une industrie stigmatisée au possible qui peut, malgré tout, offrir une profession noble pour des femmes consentantes.

C’est le piège d’une situation où la criminalité s’impose en raison du gain capital facile. La laideur envenime le souhaitable, la saleté gâche tout.

Ces témoignages exposés par Anaïs Barbeau-Lavalette, c’est tout ce qu’on ne veut plus voir et entendre quand on parle des travailleuses du sexe et c’est tout ce qui n’aurait jamais dû être à la base.

Mais c’est là, ça fait mal et on ne trouve pas de solutions concrètes pour que ça n’y soit plus et c’est le plus effrayant.

Qui sont ces gens qui ne comprennent pas tout le mal qu’ils font?

Vous pouvez visionner le film en ligne sur le site de Télé-Québec

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