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Peter Peter: si tu t’appelles mélancolie

Photo: John Londono

Peter Peter lance le bal de la rentrée musicale québécoise en offrant Une version améliorée de la tristesse, un deuxième album où il a décidé d’assumer son penchant pour les claviers et le saxophone. Le spleen est toujours au rendez-vous… mais avec un sourire.

À la première écoute, Une version améliorée de la tristesse semble plus joyeux que le premier album éponyme de Peter Peter, paru il y a à peine un peu plus d’un an. Mais quand on s’arrête aux paroles, on se rend compte qu’on est toujours dans un univers en dents de scie, où les chagrins d’amour succèdent aux soirées endiablées. «Ce n’est pas tant que c’est plus joyeux, c’est plutôt une tristesse un peu plus lubrifiée, qui aurait moins de difficulté à passer», lance le jeune homme.

En à peine un an, il en a fait, du chemin, Peter Peter. Et il n’a jamais arrêté d’écrire. «Je ne suis pas quelqu’un qui a des périodes d’écriture. Ça fait juste partie de ma vie sentimentale, avoue-t-il. Quand je sens qu’il y a une cohérence entre les chansons que j’ai accumulées, que je n’ai pas l’impression de chercher où je veux aller, alors je suis prêt à entrer en studio.»

Comme la vie sentimentale est ce qui nourrit les chansons de Peter Peter, il est naturel que la mélancolie se fraie souvent un chemin dans ses textes. «Je pense que j’ai encore assumé le mandat de dire aux gens tristes qu’on l’est tous, tristes, mais qu’on est là quand même et qu’on va passer à travers, dit-il. C’est important, je trouve, de parler de mélancolie. C’est parfois à la mode, parfois non, mais ça existera toujours. En même temps, je ne pense pas que mon disque soit si triste; je parle de fête! Je ne voulais pas me sentir abattu, m’apitoyer sur mon sort. L’instrumentation aide à surmonter la tristesse des thèmes.»

Cette instrumentation à laquelle il se réfère comprend beaucoup de claviers et même du saxophone, ce qui contraste avec le son plus acoustique de son précédent opus. «Quand j’ai été voir le groupe Destroyer en spectacle et que j’ai entendu du saxophone live, j’ai su que j’en voulais, moi aussi, plutôt que d’avoir un deuxième guitariste. C’est un instrument qui a un peu été banni; c’est tellement puissant que les autres instruments se sentaient complexés», lance-t-il avec un sourire.

Mais malgré son utilisation d’instruments qui ont connu leur heure de gloire par le passé, ce qui confère assurément un son un peu rétro à l’ensemble, Peter Peter n’a pas voulu faire dans la «nostalgie des années 1980». «C’est sûr qu’il y a un solo presque psychédélique style années 1960, et les synthétiseurs, c’est dans les années 1980 qu’on les utilisait le mieux, alors forcément il y a une parenté… mais je voulais éviter l’ironie. C’est super assumé : j’adore ces instruments!»

C’est entre autres l’expérience de la scène qui a convaincu le jeune homme d’essayer quelque chose de différent au niveau du son. «Pour le premier album, j’aurais presque dû faire une tournée seul avec ma guitare, dit-il. Alors qu’aujourd’hui, je sais comment ça va sonner sur scène. Il y a plus un trip musical derrière tout ça.»

Un «trip» qu’il a vécu entre autres avec ses deux co-réalisateurs, Emmanuel Ethier et Pascall Shefteshy. «Au début, je voulais le faire tout seul, puis à un moment donné je frappais des nœuds, et je trouvais que je passais trop de temps à tourner en rond, se souvient-il. Emmanuel est arrivé au milieu du processus et m’a vraiment aidé à peaufiner, à monter d’une coche… Pascal était déjà impliqué, c’était mon ingénieur de son.»

Question de prise de confiance en soi que cette envie de tâter de la réalisation? «Pour mon premier disque, j’étais déjà un peu impliqué, précise-t-il. Je disais à Howard [Bilerman, le réalisateur] ce que je voulais… Mais j’étais fermé sur trop de choses, ce qui a sans doute empêché Howard de pousser la réalisation là où il aurait pu. Cette fois-ci, j’avais zéro fermeture. Tout ce que je voulais, c’était que ça sonne.»

Une version améliorée de la tristesse
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