Culture

Moby, un produit de la nuit

«J’habite encore dans le Lower East Side et j’avoue que je continue à sortir, un peu trop même…» Au bout du fil, Moby ne donne pourtant pas l’impression de se sentir coupable de fréquenter les clubs à son âge.

«C’est que la musique est encore bonne, explique-t-il. Elle est même excellente ces jours-ci, avec des groupes électro comme Justice ou Simian Mobile Disco qui ramassent des influences de partout dans leur musique.»

Il parle d’éclectisme, qui nourrissait la diversité musicale des clubs new-yorkais de son adolescence et qu’il considère comme une véritable richesse. «Je me souviens d’avoir entendu This Is Radio Clash au Danceteria vers 1982. C’était beau de voir tout ce monde, des gais, des Latinos, des Afro-Américains dansant sur ce que je concevais comme du punk rock! On avait le droit d’aimer n’importe quoi…»

De l’Euro disco au rave, en passant par le hip-hop
L’album Last Night, qu’il va lancer bientôt, a été inspiré de ces belles années où tout était possible. Suivant une progression similaire à celle d’une folle nuit new-yorkaise («de 10  h à 6 h»), Moby y revisite les styles qui ont marqué l’évolution du dance. Euro disco, hip-hop, house, tout y passe. Sans oublier les classiques rave dont Moby raffole : «La ligne de piano qui monte, la voix, les mains dans les airs, je n’ai jamais pu résister à ça. D’ailleurs, c’est certain que je vais en jouer samedi!»

Avec un tel projet, il était logique que Moby devienne DJ, et le gars en est très heureux. «Vivre dans un bus de tournée, jouer toujours la même chose… Je me suis rapidement lassé de la vie de groupe. Et puis je préfère aujourd’hui m’effacer derrière une console et mettre des disques qui, eux, font la soirée». Suffit d’oublier que c’est Moby qui est aux tables… 

Avec les Nu Ravers on the Block et Jordan Dare, samedi à la SAT, 1195, boulevard Saint-Laurent, 25 $, moby.com

Autres suggestions de sorties:

KRS-One

Kris Parker est l’un des parrains du rap les plus méconnus, mais aussi, paradoxalement, les plus intéressants. Pourquoi? Boogie Down Productions, ça vous dit quelque chose? Ce groupe hip-hop fondé dans le Bronx en 1986 a pratiquement créé le rap à message socio-politique, et KRS-One en était la figure de proue. Le rap a beaucoup évolué depuis les premiers coups du «teacher» – c’est son surnom -, mais lui n’a jamais abandonné son combat pour la préservation du hip-hop : «Pas de révolution sans révélation», comme il dit. Il vient nous voir ce week-end avec non pas un, mais deux nouveaux albums, soit Maximum Strength, qui compile 15 pièces inédites créées entre 1999 et 2007, et Adventures in Emceein, qui, lui, est bien ancré dans le présent du rapper. 

Au National, 1220, rue Sainte-Catherine Est, dimanche à 20 h 30, 28,50 $.

Die Mannequin

On dit d’elle qu’elle est une jeune Courtney Love, mais Caroline Kawa est beaucoup plus que ça : c’est la nouvelle Joan Jett. La jeune Torontoise de 21 ans a déjà le bagage, la crédibilité et l’attitude nécessaires pour être considérée comme une vraie, et surtout, surtout, elle a les riffs pour prouver à quiconque qu’elle peut «rocker»! Écoutez pour voir Autumn Cannibalist, Saved by Strangers ou n’importe laquelle des chansons qui composent les deux mini-albums qu’elle a lancés en 2006 et 2007, et qui sont les choses à la fois les plus heavy et les plus accrocheuses entendues dans le rock ces dernières années. Elle passe enfin par Montréal, en ouverture de Sum 41.

Avant Sum 41, au Métropolis, 59, rue Sainte-Catherine Est, mercredi à 20 h, 30 $, diemannequin.ca

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