Culture

Alanis Morissette: remonter à la surface

Marc-André Lemieux, Métro

Quiconque jette un bref coup d’Å“il aux journaux à potins dans la file d’attente à l’épicerie sait qu’à pareille date l’an dernier, Alanis Morissette rompait ses fiançailles avec l’acteur Ryan Reynolds.

Et quiconque a déjà prêté oreille aux chansons de l’auteure-compositrice canadienne sait qu’elle n’a pas l’habitude de garder ses états d’âme pour elle. On se rappelle tous de la rage à l’état brut de You Oughta Know ou du doux sentiment de sérénité qui se dégageait de Thank U.

Flavors of Entanglement, le nouvel album de la star,  ne fait pas exception à la règle. Les 11 titres de l’opus ont été composés à chaud, à la suite de sa rupture avec Reynolds.

«J’ai vraiment touché le fond du baril, avoue Alanis Morissette en conférence de presse téléphonique. Le disque raconte ma chute et mon sombre séjour dans les profondeurs.»

Même s’il retrace une période plutôt noire de son existence, Flavors of Entan­glement est ponctué de quel­ques notes d’espoir, dit la chanteuse.

«Pour la première fois de ma carrière, je n’ai pas attendu six mois ou même dix ans avant de parler de ce qui se passait dans ma vie, note-t-elle. J’ai écrit la plupart des chansons au moment même où je les vivais. Aujourd’hui, je réalise qu’il y a de la lumière dans chacune d’entre elles. Je crois que ça témoigne de ma vraie nature : même quand le tonnerre gronde et que tout semble perdu d’avance, je sais qu’il y a de la lumière au bout du tunnel.»

Toujours la même

Coécrit et réalisé par Guy Sigsworth (Björk, Madonna),  Flavors of Entanglement marque le retour d’Alanis Morissette, qui s’est faite plutôt discrète au cours des dernières années, se contentant de lancer une compilation des ses grands succès ainsi qu’une version acoustique de son premier album, Jagged Little Pill. Sorti en 1995, l’opus s’est à ce jour vendu à plus de 30 millions de copies dans le monde. Voilà sans doute pourquoi aux yeux de plusieurs, la star, aujourd’hui âgée de 34 ans, sera à jamais la jeune femme en furie qui s’époumonait sur de lourdes mélodies rock en faisant virevolter sa longue crinière dans tous les sens.

«Je suis toujours la même fille, insiste la principale intéressée. Je vis les mêmes émotions qu’à l’époque, à la seule différence qu’à l’heure actuelle, elles m’effraient beaucoup moins. Je gère mieux la colère, la peur, la joie ou l’exaltation. Avant, soit elles explosaient, soit j’implosais. Aujourd’hui, je les exprime plus facilement, que ce soit par l’écriture, en frappant sur un oreiller ou en parlant avec des amis.»

Avec humour

Même si elle a passé la quasi-totalité des trois dernières années en retraite fermée, Alanis Morissette a fait beaucoup jaser l’été dernier en parodiant la chanson My Humps des Black Eyed Peas.

Transformé en ballade plaintive au piano, le titre a fait fureur sur YouTube, grâce à une vidéo où on peut voir Alanis, en tenue légère, se déhancher de façon provocante avec un groupe d’hommes.

«J’ai fait ça pour plusieurs raisons, explique-t-elle, mais en particulier pour prendre une pause dans l’écriture de l’album. J’étais en studio avec Guy [Sigsworth]. Je me suis tourné vers lui et je lui ai dit : « Mon Dieu! Ça serait pas génial si je pouvais écrire une chanson hyper simple comme My Humps? » On s’est regardés et on a commencé à la jouer au piano. Une semaine après, on tournait le vidéoclip avec mes amis humoristes dans mon garage!»

Sur scène et sur grand écran

Si Alanis Morissette refuse de promettre une nouvelle parodie faite maison d’ici la fin de 2008, elle confirme néanmoins la tenue d’une tournée nord-américaine à l’automne.

Ses fans pourront aussi bientôt la voir au grand écran dans Radio Free Albemuth, l’adaptation cinématographique du roman de Philip K. Dick.

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