Culture

Éric Lapointe, tel qu'il est vraiment

«Je n’ai pas eu peur d’affirmer que parfois, j’avais eu tort», lance Éric Lapointe à propos des textes d’une rare profondeur qu’il signe sur Ma peau, son cinquième disque en carrière.

Attablé dans un restaurant de la rue Gilford, le chanteur est demeuré fidèle à lui-même. Un verre à la main, il avoue que son nouvel album dépeint l’homme qu’il est vraiment. «Le disque porte ce titre parce que je m’y dévoile sans pudeur. J’ai exorcisé bien des choses en faisant cet album. Il a été une bonne thérapie», dit-il en riant.

Après un silence sur disque de quatre ans, Éric Lapointe revient plus en forme que jamais. À peine rentré d’un voyage éclair dans le Sud, le chanteur affiche un joli teint doré.  «J’ai beaucoup réfléchi. J’ai attendu d’avoir besoin de faire cet album», explique-t-il à propos de sa pause médiatique.

À 38 ans, le chanteur, dont la dernière rupture a défrayé les manchettes, confie avoir appris de ses échecs amoureux. Il remercie notamment, à l’intérieur du livret du disque, toutes les femmes qui ont su l’inspirer. «J’ai écrit plusieurs fois sur l’amour, mais cette fois, il n’y a pas de haine ni de rancÅ“ur. C’est peut-être ce qui diffère le plus des albums que j’ai faits avant.»

Collaborations fertiles
En ce qui concerne les collaborateurs, l’album regorge de grands auteurs. Les textes, dont ceux de  Luc Plamon­don, collent parfaitement à l’univers déchiré du rockeur. En plus de lui écrire Toucher, le premier extrait radio de l’album, Plamondon lui a permis de reprendre le succès L’amour existe encore. «Pour moi, il s’agit de sa plus belle chanson, assure Éric Lapointe. Elle a d’abord été écrite pour une homme, et son texte rejoint parfaitement ce que j’ai pu vivre jusqu’à maintenant.»

Michel Rivard signe quant à lui la pièce Avalanche. Un mariage singulier entre les deux artistes qui honore grandement le chanteur. «C’est tout un honneur que Michel ait accepté de m’écrire une chanson. Ça m’a pris tout mon petit change pour oser le lui demander», déclare-t-il. Daniel Lavoie, Louise Fo­restier et Roger Tabra, dont la participation marque une réconciliation pour le tandem, complètent la liste des paroliers ayant contribué à l’album.

«Ces gens savent ce que j’ai vécu. Je n’ai pas le talent que j’aimerais avoir. C’est pourquoi j’aime collaborer et apprendre de ces collaborations», explique le chanteur.

Lapointe signe toutefois la plupart des morceaux autobiographiques du disque. En outre, aidé du bassiste Martin Bolduc, du guitariste Dan  Georgesco et du réalisateur Bruce Cameron, il a composé l’ensemble des mélodies des 13 titres figurant sur Ma peau.

Né dans un sous-sol
Enregistré en deux mois environ, l’album a été conçu, en grande partie, dans le sous-sol de la résidence montréalaise du rockeur. Nul besoin d’ajouter qu’il est le fruit de nombreuses nuits d’insomnie. «C’était la première fois qu’on enregistrait chez moi, indique-t-il. C’était très convivial. On était entre chums.»

Sur les différentes pièces de Ma peau, on remarque une présence plus soutenue d’instruments à cordes. C’était un désir que caressait le rockeur québécois depuis longtemps. «J’ai voulu me faire plaisir. J’adore l’émotion qu’ajoutent les cordes aux chansons, dit-il. Ça rend le rock plus grandiose.»

Éric Lapointe ne cache pas non plus son envie d’aller présenter cet album, qui a été taillé pour la scène, sur les routes québécoises. «J’ai hâte de retrouver ma gang et de rencontrer mes fans, explique-t-il. Ils ne m’ont jamais lâché. Je leur donne mes tripes, et ils me le rendent bien.»

Ma peau
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