Culture

La perte de l'innocence pour Andrée Watters

Il n’y a pas si longtemps, Andrée Watters s’est retrouvée sans repère, un sentiment qu’elle exprime dans J’ai voulu, une pièce tirée de son nouvel album, Minuit.

«Je vis dans mes habitudes / Je n’ai plus de certitudes / Qui je suis, où je vais.»

Aujourd’hui, la jeune femme de 25 ans se dit «all set» et parle avec assurance de la route parfois sinueuse qui l’a menée jusqu’à Sylvain Cossette. C’est avec lui qu’elle a écrit  les titres de son troisième CD.

Minuit comprend plusieurs chansons qui traduisent un certain sentiment d’insécurité. Te sens-tu plus en confiance à 25 ans qu’à tes débuts dans le milieu, à 18 ans?
Ces dernières années, en une courte période de temps, j’ai perdu mon gérant et mon contrat de disques. Pour une fille qui sait où elle veut s’en aller, se retrouver comme ça, sans outil, c’est dur. On se remet en question. Ce sont des périodes où on se sent un peu impuissant.

Dans le vidéoclip de Minuit, on te voit costumée en femme de ménage, dansant dans un immeuble à bureaux. Mais où est la rockeuse de l’époque de Si exceptionnel?
La rockeuse est encore là, mais elle a vieilli, elle a pris de la maturité. Elle est plus sensible qu’avant. Les gens changent, les artistes changent. C’est le piège quand on se fait connaître à un très jeune âge. On risque d’être prisonnier d’une certaine image.

Crois-tu que le milieu t’a fait vieillir plus vite?
Quand on sort un premier album, on est plein d’innocence et on se jette là-dedans tête première. Au fil des années, on apprend à rester terre à terre, à ne rien tenir pour acquis.

En quoi est-ce que Sylvain Cossette t’a aidée à devenir une meilleur auteure?
Sylvain avait le mandat de me critiquer. Par bouts, ç’a été tough, parce que j’avais toujours eu un entourage qui ne me donnait pas vraiment son opinion, qui faisait ce que je voulais. C’est l’fun, mais ça ne te fait pas évoluer. Sylvain me confrontait.

Quelle est la plus grande leçon que tu as apprise au cours des dernières années?
Qu’il faut s’amuser. Que ça ne sert à rien de se décourager parce qu’on ne vend pas autant de disques ou que les salles ne sont pas aussi pleines qu’avant.

Que retiens-tu de ton expérience dans la comédie musicale Dracula?
En acceptant d’entrer dans la peau d’un personnage, j’ai réalisé à quel point je m’en mettais beaucoup sur les épaules. Je me suis rendue compte que j’étais peut-être rendu loin de la petite chanteuse innocente qui voulait juste faire ce métier-là pour s’amuser.

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