Culture

La fiesta de la guitare

Marc-André Lemieux, Métro

On aime Carlos Santana pour son habileté à marier les rythmes latins, jazz et rock. Et aussi pour sa façon bien à lui de pondre des mélodies sur lesquelles il lui est possible d’effectuer mille et une acrobaties à la guitare, sans jamais s’éloigner de son essence très pop.

C’est ce savant mélange qu’il nous a servi hier soir au Centre Bell.

Pendant 90 minutes, le sexagénaire a enseveli la foule de 11 000 personnes sous une pluie de titres pigés dans son vaste répertoire.

C’est avec Jingo, tiré de son premier album éponyme, sorti en 1969, qu’il a ouvert les célébrations.

Accompagné de neuf musiciens et de deux dynamiques choristes, Carlos Santana est resté fidèle à lui-même, alignant les solos de guitare à l’emporte-pièce comme lui seul sait le faire.

La star mexicano-américaine a joué plusieurs de ses vieux succès, dont Everybody’s Everything (1971) et la toujours entraînante Oye Como Va (1970).

Santana a aussi répondu à l’appel des plus jeunes en interprétant ses plus récents tubes, pour la plupart extraits de Supernatural, l’album qui a marqué son retour en force à la fin de la décennie 1990 et qui lui a valu plusieurs prix Grammy. C’est donc sans Wyclef Jean ou Rob Thomas qu’il a livré Maria Maria et Smooth, mais la majorité du public n’en avait que faire, se déhanchant sans retenue sur ces deux tubes aux sonorités plus urbaines. Sur ce plan-là, la magie opérait.

Côté mise en scène, par contre, on repassera.

Le décor quasi inexistant consistait en un seul écran géant sur lequel défilaient des plans rapprochés des musiciens et de Santana dans le feu de l’action. Les éclairages amovibles avaient beau passer du bleu au rouge entre chaque numéro, n’empêche.

On aurait apprécié quelque chose de plus élaboré, comme des projections colorées pour agrémenter la musique ensoleillée du virtuose.

À défaut de nous en mettre plein la vue, Carlos Santana nous en a mis plein les oreilles hier soir. Et à en juger par la réaction de ses fans, c’était exactement ce qu’ils voulaient.

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