Culture

Lance et compte: la tradition continue

Il y a de ces amours qui refusent de mourir. Celui que portent les Québécois à la série Lance et compte semble en faire partie. Dimanche, malgré un soleil radieux, pas moins de 10 690 personnes se sont massées dans le Colisée de Québec pour voir de près le tournage de quelques-unes des scènes qui donneront vie à Lance et compte – Le grand duel.

La septième mouture de la série imaginée par Réjean Tremblay, qui sera en ondes l’automne ou l’hiver prochain à TVA, s’attardera à la rivalité entre le Canadien de Montréal et le National de Québec. Les duels ne seront toutefois pas exclusivement l’affaire des hockeyeurs.

En effet, Suzie Lambert (Marina Orsini) devra livrer un combat contre le cancer du sein pendant que son mari, l’entraîneur-chef du National, Marc Gagnon (Marc Messier), devra gérer le départ de son fils Francis. «Ce sera une grosse année pour Marc Gagnon, a confié Marc Messier à Métro. Les problèmes de santé de Suzie feront en sorte que le hockey passera au deuxième plan, ce qui est assez étonnant pour ce gars-là. En plus, Francis quitte l’équipe pour aller jouer avec le Canadien, qui est dirigé par le rival de Marc, Jacques Mercier. Bref, il n’y aura rien de simple!»

Ces rebondissements dramatiques ont eu l’air de plaire à l’acteur qui incarne le légendaire Marc Gagnon. Ils lui ont donné tout le loisir d’exploiter une autre facette de son personnage. «L’idée, c’est de ne pas avoir l’impression de jouer dans une vieille série, a expliqué Marc Messier. Ce n’est pas toujours facile puisque Lance et compte existe depuis plus de 20 ans, mais il faut essayer de se renouveler. Cette fois, je me concentre vraiment sur mon rôle. J’essaie de jouer avec plus d’intensité, comme si j’interprétais le personnage pour la première fois.»

Des nouveautés
Bien que bon nombre de personnages effectuent un retour dans le giron du National – on n’a qu’à penser à Marc Gagnon (Marc Messier), Robert Martin (Robert Marien), Jacques Mercier (Yvan Ponton), Gilles Guilbault (Michel Forget) ou Pierre Lambert (Carl Marotte) – de nouveaux visages se pointeront dans Le grand duel.

La rivalité entre le Canadien et le National a permis à l’auteur Réjean Tremblay d’introduire un nouveau joueur : le capitaine du Tricolore, Roma Gauthier.

«C’était mon rêve de petit garçon de jouer dans Lance et compte! s’est exclamé Sébastien Delorme, qui prêtera ses traits à Roma Gauthier. À l’époque des premières émissions, c’était une vraie religion, Lance et compte. Ça, c’était de la vraie télé! »

C’est par un heureux hasard que le rêve de jeunesse de Sébastien Delorme est devenu réalité. «J’étais assis à deux sièges de Réjean Tremblay au gala Artis, s’est rappelé l’acteur que l’on a pu voir dans le téléroman La promesse cet hiver. Il est venu me voir et m’a dit qu’il avait aimé ce que j’avais fait dans la série Le 7e round. Il m’a demandé si je savais patiner et m’a dit qu’il avait peut-être un rôle pour moi.»

Un changement de taille impliquera par ailleurs le personnage de Louis-Philippe Dandenault, Francis Gagnon, qui est apparu dans la série en 2002. Après avoir passé quelques saisons dans l’uniforme du National, le fils de Marc Gagnon prendra un nouveau départ.

«Francis passe au Canadien en tant que joueur autonome, a précisé Dandenault. Cette décision crée un conflit avec son père, Marc Gagnon. Le fait que ses performances sur la glace s’améliorent grandement après son départ du National ne rendra pas la situation plus facile.» Un nouveau duel à suivre.

Un succès renouvelé
Diffusée pour la première fois en 1986, la série Lance et compte a eu tôt fait de conquérir le cÅ“ur des Québécois. La fidélité des téléspectateurs ne s’est jamais démentie depuis.

En 2006, encore une fois, 1,6 million de personnes en moyenne étaient rivées à leur écran pendant la diffusion des épisodes de la sixième saison, intitulée La revanche. Un tel succès continue de fasciner les artisans de la série.«Je ne sais pas pourquoi la série continue d’être si  populaire, a avoué Marc Messier. Lance et compte a eu beaucoup de succès en partant. C’était la première télésérie et elle a grandement influencé ce qui a suivi. Ça a marqué en quelque sorte la fin des téléromans tournés en studio avec trois caméras. Puis, après 3 saisons, il y a eu une pause de 14 ans, mais les gens sont revenus.»

«C’est tellement weird de voir à quel point les gens continuent de suivre la série, a ajouté Louis-Philippe Dandenault. Je ne sais pas pourquoi ça pogne autant! Mais j’espère que la septième saison sera aussi populaire que les précédentes parce que je veux revenir pour une autre!»

À voir l’enthousiasme avec lequel les quelque 10 700 spectateurs ont participé au tournage de dimanche, il semble que Le grand duel est promis à un bel avenir au petit écrans québécoi. Il reste à savoir si Réjean Tremblay, qui a assisté au tournage, voudra récidiver pour une huitième saison.

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