Culture

Bonnes fréquentations

Marc-André Lemieux, Métro

Après avoir abordé les relations familiales dans Père et fils, Michel Boujenah étudie les hauts et les bas de l’amitié dans 3 amis.

Le deuxième long métrage de l’humoriste français raconte l’histoire de Claire (Mathilde Seigner), de César (Pascal Elbé) et de Baptiste (Kad Merad), trois quadragénaires qui sont là les uns pour les autres… pour le meilleur et pour le pire.
Le film marque la dernière apparition au grand écran de Philippe Noiret, affaibli et malade lors du tournage.

Métro a rencontré Michel Boujenah et Pascal Elbé, qui signent le scénario de cette comédie dramatique.

3 amis est rempli d’humour, mais comporte son lot de scènes dramatiques. Qu’est-ce qui est le plus difficile : faire rire ou faire pleurer
les gens?

[Pascal Elbé] Les faire rire. Au premier rendez-vous avec une femme, pour la faire rire, vous devez ramer. Alors que faire pleurer une femme, c’est facile…
[Michel Boujenah] Il suffit de la frapper! [rires]
[P. E.] Faire pleurer une femme, c’est très fastoche : on lui met une bonne droite! [rires] Sérieusement, c’est un don absolu que de faire rire les gens. C’est les soulager de quelque chose.
[M. B.] Quand tu fais un film, tu peux tomber dans toutes les complaisances. Tu peux te convaincre que c’est drôle, mais en bout de ligne, tu te retrouves dans une salle, et personne ne rit. Ça demande beaucoup de précision et beaucoup de rythme. Quand tu essaies de faire rire et que tu échoues, tu prends une claque direct.

Les scènes avec Philippe Noiret sont très drôles. Quelle était l’atmosphère sur le plateau de tournage?
[P. E.] Comme il nous avait porté chance sur Père et fils, on n’imaginait pas faire cette deuxième aventure sans lui. Même s’il était très faible et très malade, il est venu passer deux jours avec nous. Il y avait une grosse émotion parce qu’on savait que c’était la dernière fois qu’il faisait le clown. C’était une belle façon de lui dire au revoir.
[M. B.] Il n’était pas capable de marcher, mais quand les caméras se mettaient à tourner, on sentait son cÅ“ur s’allumer. C’était un grand privilège.

Pour jouer des amis à l’écran, doit-on être amis quand la caméra cesse de tourner?
[P. E.] Non, mais dans ce cas-ci, on était amis avant. Ç’a donc facilité la tâche.

Vous avez écrit le scénario ensemble. Quelles sont vos contributions respectives?
[M. B.] Moi, j’ai apporté l’intelligence…
[P. E.] Et moi, j’ai apporté le papier! [rires]

L’amitié entre hommes et femmes, vous y croyez?
[P. E.] Moi, j’y crois. Si elle est très moche, j’y crois! [rires] On n’est pas des animaux. On peut contrôler ses pulsions.
[M. B.] Avec le temps, toute relation peut devenir asexuée.

Quelle est la plus grande qualité d’un bon ami?
[P. E.] L’écoute.
[M. B.] Sa franchise.

Peut-on dire que tous les personnages du film possèdent ces qualités?
[M. B.] Non, mais ils apprennent. Ils grandissent.

3 amis
En salle dès aujourd’hui

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