Culture

La vie en rose d'Avril Lavigne

Marc-André Lemieux, Métro

Avril Lavigne est un drôle de numéro.Contrairement à la plupart de ses contemporaines, elle n’essaie pas de vieillir avec son public en adoptant un son – et bien entendu un look – plus mature. Bien au contraire!

Après nous avoir donné Under My Skin, un deuxième album plus sombre et plus mordant que le premier, l’immensément populaire Let Go, la jeune Canadienne est revenue l’an dernier avec The Best Damn Thing. L’opus révélait une jeune femme à la crinière blonde et rose qui se prêtait à quelques petits pas de danse entre deux accords de guitare.

C’est un peu ce que la chanteuse nous a offert hier soir au Centre Bell. La star de 23 ans était de passage à Montréal dans le cadre de sa tournée intitulée The Best Damn Tour.

La vie en rose
C’est dans une orgie de rose qu’Avril est apparue à la foule de 10 650 personnes, parmi lesquelles on comptait des adolescents (en majorité des filles), des parents accompagnateurs, mais aussi une poignée de jeunes adultes. Des éclairages
couleur bonbon à l’immense tête de mort qui tapissait la scène, en passant par les images défilant sur les écrans géants, le tout ressemblait à une grosse promotion pour Pepto-Bismol.

Fort heureusement, la prestation de la chanteuse n’était pas indigeste. Flanquée de six danseurs (quatre filles et deux gars), Avril s’est soumise à une amusante – quoique fort simple – chorégraphie sur l’entraînante Girlfriend, son tube de l’été 2007. Hors de sa zone de confort, la petite Ontarienne? Oh, que oui! La pauvre semblait un peu perdue au milieu de ces vagues mouvements de bras et de ces basiques jeux de jambes.

La star s’est contentée de gambader nonchalamment à gauche et à droite pendant la majeure partie de I Can Do Better et de Complicated, la pièce qui nous l’a fait connaître en 2002. Il a fallu attendre le quatrième numéro, My Happy Ending, avant de la voir sortir sa guitare, ornée de paillettes… roses. Avril a délaissé l’instrument dès le titre suivant, le temps de livrer une sincère I’m With You. Un changement de costume plus tard, elle s’est assise au piano pour une jolie version acoustique de When You’re Gone.

La rockeuse avait beau chanter les déchirements du cÅ“ur, elle ne pouvait pas s’arrêter de sourire à pleines dents tellement elle semblait touchée par l’enthousiasme débordant de son public montréalais.

Paradoxale
C’est en milieu de soirée que la personnalité de type Mini Wheat d’Avril Lavigne nous a sauté au visage. Son petit côté givré nous a frappés de plein fouet pendant Hot, au cours de laquelle défilait une vidéo où on pouvait voir la chanteuse, en déshabillé sexy, jouant les vamps en se frottant contre un pied de micro.

En un clin d’Å“il, c’était au tour de son côté sérieux de se montrer le bout du nez. Accompagnée de ses deux guitaristes, elle s’est délié les cordes vocales sur Losing Grip, un titre qui rappelle  les débuts enragés d’Alanis Morissette. Quelle Avril préférez-vous? Le jury délibère encore.

Une chose est sûre : la soirée d’hier nous a laissé l’image d’une fille qui, suivant les sages paroles de Cyndi Lauper, «veut juste avoir du fun». À la batterie pour un court extrait de Mickey (le succès de Toni Basil) ou habillée comme une vilaine meneuse de claques pour The Best Damn Thing, Avril fait ce qui lui plaît.

On peut ne pas aimer, mais il serait malhonnête de la juger.

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