Culture

Histoire de controverse : Le Monde selon Monsanto

Documents volés, licenciements soudains, informations confidentielles et paquets anonymes… Non, vous n’êtes pas dans un film policier mais bien dans Le Monde selon Monsanto.

Après avoir provoqué de nombreux débats en France, le documentaire de la réalisatrice française Marie-Monique Robin arrive à Montréal en même temps que son livre du même nom.

C’est après trois ans de recherches acharnées que la documentariste a pu dresser un sombre portrait de Monsanto, une entreprise américaine centenaire à qui l’on doit des produits extrêmement toxiques tels que les BPC et l’agent orange. Aujour­d’hui chef de file des OGM présents dans 46 pays, Monsanto se décrit comme une entreprise verte souhaitant résoudre les problèmes de l’environnement et de la faim.

Mauvaises surprises
«Avant de faire mes re­cherches, je connaissais la compagnie, mais honnêtement, je ne savais pas ce que j’allais trouver. Maintenant, je suis éminemment convaincue que  Monsanto n’est pas une bonne chose pour l’humanité», affirme la réalisatrice sans hésiter.

Depuis un siècle, Monsanto accumule les procès pour toutes sortes de raisons. Dans Le Monde selon Monsanto, on met en relief, la diffusion de publicités mensongères, la vente de produits toxiques, l’intimidation des petits agriculteurs, la mise en péril de la santé humaine et la destruction progressive de l’équilibre écologique. De son côté, la compagnie en question n’a jamais voulu répondre aux questions de la  réalisatrice.

Mais, encore plus alarmant, les recherches de Marie-Monique Robin démontrent que la compagnie souhaite rien de moins que le contrôle mondial de l’alimentation par l’implantation de ses se­mences modifiées et de ses engrais chimiques partout à travers le monde.

David contre Goliath   

Quand on voit le documentaire, on comprend vite le danger que court Marie-Monique Robin en présentant ce documentaire. Soupçonnée d’être en lien avec la Maison-Blanche, l’entreprise multimilliardaire a, au cours des années, offert des pots-de-vin, menacé et  fait licencier des dizaines d’agriculteurs, de politiciens et de scientifiques. Le lien entre eux? Tous commençaient à mettre en doute la sécurité des produits de Monsanto et questionnaient l’intégrité de la compagnie.

«J’ai pensé sans arrêt au danger qui me guettait lorsque j’ai fais le film. Plus on s’approchait de la diffusion, plus je me demandais ce qui allait se passer. Mais en fait, il s’est passé quelque chose que personne n’avait prévu, il s’est passé ce buzz sur internet qui fait que, maintenant, tellement de gens sont au courant du film, que s’il m’arrivait quoi que ce soit, ce serait clairement signé Monsanto!» 

Pour le moment, la documentariste est encore prise dans le tourbillon médiatique de la sortie de son film, présenté dans une vingtaine de pays, et du livre, traduit dans plusieurs langues, mais elle espère déjà que son travail pourra faire bouger la situation. «Je pense que ce n’est pas fini! Je crois qu’on va continuer à parler du film et je souhaite que des décideurs le voient.» «Chaque fois, les gens sont bouleversés», conclu Marie-Monique Robin.

Le Monde selon Monsanto

En salle dès aujourd’hui

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