Culture

Sam Roberts Band… promenade dans la ville

Geneviève Vézina-Montplaisir, Métro

L’inspiration pour écrire les chansons de son nouvel album, Sam Roberts l’a prise pas très loin de chez lui. Le long de ses innombrables promenades sur l’avenue du Parc ou sur le mont Royal, le Montréalais a noté des bribes de conversations écoutées au passage qui l’ont mené à des histoires qu’il présente sur le dernier disque de son groupe, Love at the End of the World.

«J’étais toujours en train de me promener dans les rues, les mêmes où je me promène tous les jours, mais quand tu es en train d’écrire des chansons, tu vois les choses sous un autre angle, explique le musicien originaire de Pointe-Claire. J’ai pris des instants de la vie ici et j’ai essayé de les appliquer à la condition humaine, de trouver l’universel dans le particulier.»

Depuis la sortie de l’album précédent de la formation, Chemical City, en 2006, le petit monde de Sam Roberts a aussi bien changé. Le chanteur est devenu père, ce qui a teinté l’écriture de ses textes.

«C’est tellement un changement drastique dans la vie, que c’est sûr que ça a influencé les thèmes et la direction du disque, affirme le nouveau papa. Des fois, tu es tellement heureux, la vie est belle, mais de l’autre côté, quand tu vois les nouvelles à la télé avec tous les problèmes dans le monde, tu ne peux pas ne pas penser au futur de ton enfant. Quelques chansons discutent de ses problèmes et de notre rôle à jouer dans tout ça, pourquoi ça arrive et comment on peut faire pour les régler. C’est sûr qu’avec l’arrivée de mon enfant, la vie est devenue plus compliquée!»

Le titre de l’album et de la chanson titre, Love at the End of the World est donc une réflexion sur notre monde. Le jeune homme de 33 ans voulait montrer que les instincts des êtres humains les poussent vers la fin. Ils détruisent la terre, sont violents, mais ils ont aussi une capacité incroyable d’aimer. Les chansons de l’auteur traduisent donc cette bataille entre ces deux forces.

Musique brute
Malgré un côté parfois sombre dans les textes, la musique, aussi écrite par Sam Roberts, se fait un peu moins planante et psychédélique que sur certains titres de ses efforts précédents. «Ça s’est fait naturellement, confie-t-il. J’étais peut-être plus intéressé par les chansons un peu plus brutes. Il y a toujours des textures un peu atmosphériques, mais il y a des chansons qui sont plus épurées. J’aime ça que l’album amène le public sur un chemin pas toujours pareil.»

Si le groupe rock-indie a obtenu trois Juno en 2004, Album de l’année, Album rock de l’année et Artiste de l’année avec We Were Born in a Flame, la création de leur musique se fait sans souci de plaire à tous. Dans un grand désir de liberté, mais aussi pour plaire à ses fans, Sam Roberts fait sa petite affaire.

La preuve? Il n’est pas trop au courant du grand foisonnement musical de la scène montréalaise. «Je ne l’ignorais pas parce que je le voulais, mais je faisais mes trucs en privé, un peu isolé peut-être. J’avais ma scène à moi avec ma famille. Beaucoup de mes amis sont musiciens, alors j’ai de leurs nouvelles. The Stills et The Dears ont sorti des albums l’année dernière. Mais on ne peut pas dire que j’ai beaucoup participé à la scène montréalaise.»

Sam Roberts y participera cependant mardi pour un spectacle intime au Cabaret du musée Juste pour rire et tout l’été en tournée dans différents festivals.

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