Culture

Une nouvelle espèce : Homo toxicus

Du bisphénol A dans les bouteilles d’eau, des parabènes dans les cosmétiques, des phtalates dans le vinyle, du BPDE dans les appareils électroniques… Chaque jour, nous sommes exposés à une multitude de produits chimiques qui entrent dans notre organisme. C’est à cette inquiétante réalité que s’intéresse Carole Poliquin, réalisatrice engagée, dans son documentaire Homo toxicus. 

Pendant plus d’un an, elle a rencontré des dizaines de chercheurs et de citoyens au Québec, au Nunavik, en Ontario et en France afin de dresser un portrait de la situation actuelle. Elle est même allée jusqu’à faire analyser son propre sang pour voir quel était le nombre de substances chimiques qu’il contenait :?110.  Et c’est dans la moyenne! «Ça reste des microgrammes, explique-t-elle, mais ce sont des microgrammes de trop.»  

Humains en observation

Et ces substances, même en petite quantité, sont de plus en plus associées à divers troubles de la santé plus présents qu’avant dans notre société. Cancers, allergies, problèmes respiratoires, hyperactivité, obésité, malformations et problèmes de fertilité n’en sont que quelques exemples…

«Je trouvais que c’était important d’établir un parallèle entre de la santé humaine et celle de la planète dans une époque où l’on parle surtout de problèmes environnemntaux, explique-t-elle. Lorsque l’on questionne les experts de Santé Canada sur le sujet, ils affirment que tous les produits auxquels nous sommes exposés présentent un risque acceptable pour notre organisme. Mais d’un risque acceptable à un autre, nous sommes en train d’admettre l’intoxication progressive de tout le vivant. Et comme pour le climat, personne ne sait quand nous franchirons le point de rupture.»

Problème collectif

Dans Homo toxicus, le problème principal soulevé est la déresponsabilisation du gouvernement, et plus particulièrement de Santé Canada. Même si une certaine volonté se fait sentir de la part de Santé Canada, où l’on vient par exemple de débloquer 300 M$ pour analyser 4 000 pro­­duits chimiques, la lacune soulevée par le film, c’est qu’une fois qu’un produit est déclaré toxique, le gouvernement fait des recommandations plutôt que des interdictions.

«Dans une situation comme celle-là, je ne suis pas d’accord avec le fait que ce soient les individus qui aient la responsabilité de se protéger de ces éléments nocifs. Santé Canada se dit inmquiet par la situation, mais au fond, il semble qu’on fasse passer les intérêts économiques avant la santé humaine», laisse tomber Carole Poliquin.

«Je ne veux pas faire peur avec mon film, conclut la réalisatrice, mais je souhaite provoquer une conscientisation au fait qu’il y a un problème.»
    
Homo Toxicu
En salle dès aujourd’hui

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