Culture

Maman est chez le coiffeur, ou l'été de mes 13 ans

Geneviève Vézina-Montplaisir, Métro

C’est à un véritable retour au pays de l’enfance que Léa Pool convie les cinéphiles avec son film Maman est chez le coiffeur. Mettant en vedette Marianne Fortier et Céline Bonnier, le 10e long métrage de la réalisatrice est une ode aux chaudes journées d’été de la jeunesse, époque où jouer permettait d’oublier tous les problèmes.

Été 1966. L’école est terminée pour Élise (Marianne Fortier), 13 ans, et ses deux petits frères Coco (Élie Dupuis) et Benoît (Hugo St-Onge-Paquin). Alors qu’ils s’apprêtent à commencer leurs vacances, un conflit éclate au milieu du cocon familial. Leur mère (Céline Bonnier) décide de partir à Londres, en confiant ses trois enfants aux soins de leur père (Laurent Lucas). Les petits se réfugient alors dans leur univers respectif pour essayer de comprendre pourquoi leur mère les a abandonnés.

«Tout le monde vit son petit ou son grand drame dans le film, mais en même temps, le plaisir de l’été est très fort, affirme Léa Pool.  Parce que quand tu es enfant, tes parents ont beau se taper sur la gueule, quand tu es  dehors avec tes copains, l’été, tu oublies tout.»

Diriger des enfants
Aller à la pêche, faire de la bicyclette pieds nus, se promener dans un champ sont quelques-unes des activités auxquelles les enfants s’adonnent dans le film, qui a été tourné à BelÅ“il l’été passé. Une horde de jeunes gravitent autour des trois enfants abandonnés par leur mère, et Léa Pool a dirigé chacun d’eux avec plaisir. C’est que la cinéaste n’en est pas à sa première direction de jeunes acteurs. Le papillon bleu, Rebelles et Emporte-moi lui ont déjà permis de retrouver son cÅ“ur d’enfant.

«J’adore travailler avec des enfants. C’est très demandant parce que tu dois être plus alerte qu’avec des comédiens professionnels, explique la réalisatrice d’origine suisse. Les enfants, tu dois les diriger davantage. En même temps, ils sont très inventifs. Souvent, je leur demandais sur le plateau : « Toi, comment tu ferais la scène? » Et ils se la rappropriaient.»

Marianne Fortier, qui avait 13 ans lors du tournage, en était à sa deuxième expérience cinématographique, mais à sa première sous les ordres de Léa Pool. «Ça paraît qu’elle dirige souvent des jeunes, affirme l’adolescente. J’ai trouvé qu’elle avait la bonne manière de nous aborder. Dans les scènes qui étaient plus dures sur le plan émotif, elle me laissait toujours une certaine liberté.»

De son côté, Céline Bonnier, qui interprète la mère des trois enfants qu’elle choisit de quitter, a aussi vanté les qualités de la cinéaste avec qui elle collaborait pour la première fois. «Léa est très calme. Je sentais qu’elle me faisait vraiment confiance, raconte la comédienne. Elle a du plaisir et elle est contente d’être là, donc elle gère bien l’équipe. Les enfant étaient aussi très bien choisis. Les deux garçons qui interprétaient mes fils n’avaient jamais joué au cinéma et ils étaient assez impressionnants. Pour ce qui est de Marianne, il y avait une scène où il fallait que je la frappe, mais je pense qu’elle avait de l’expérience avec Aurore!»

L’actrice, qu’on a vue souvent dans des rôles de mère déséquilibrée, a accepté tout de suite ce personnage différent de ceux qu’elle campe habituellement. «C’est un casting auquel je n’aurais jamais pensé. La mère est très organisée, elle a une certaine tenue, une prestance, elle est très en contrôle. C’est une femme de carrière dans un milieu élitiste. C’est complètement différent de ce que je fais d’habitude.»

Entrevue avec Marianne Fortier

Avec Maman est chez le coiffeur, Marianne Fortier revient au grand écran trois ans après Aurore, le film qui l’a fait découvrir. La petite fille est devenue une adolescente  accomplie de 14 ans qui, malgré son occupation particulière, a assuré à Métro qu’elle était une jeune femme com­me les autres.

Est-ce que les plateaux de tournages t’ont manqué?
Ça ne m’a pas manqué, parce que j’avais beaucoup d’autres choses à faire, avec l’école et tout. J’ai quand même ma vie de fille normale. Mais ç’a vraiment été une joie de retourner sur un plateau de tournage, surtout pour y vivre une expérience comme celle là.

Comment t’es-tu préparée pour le rôle d’Élise?
C’était vraiment un défi parce que mon personnage passait par toute une gamme d’émotions. J’ai fait beaucoup de recherche sur le divorce. J’ai demandé à mes amis comment ils s’étaient sentis quand leur parents s’étaient séparés,
et il y avait beaucoup de culpabilité qui ressortait.

La petite fille qui jouait Aurore a-t-elle beaucoup changé sa façon de jouer?
J’ai vu la différence. J’ai été coachée sur les deux films par Louise Laparé, et elle m’a beaucoup aidée à voir au deuxième degré, à lire entre les lignes du scénario et à trouver des traits de caractère. Pour Aurore, j’avais vu beaucoup moins de choses que pour ce film-ci. Des fois, il y avait des journalistes qui me parlaient de traits de caractère du personnage que même moi, je n’avais pas vus. Je pense que j’ai fait ce film avec plus de maturité et j’ai pu comprendre des choses qui m’auraient échappé avant.

Est-ce que tu as d’autres projets en vue?
Non, pas pour l’instant, mais ça ne me fait pas peur parce que j’y vais au jour le jour. Je n’attends pas les projets. Je ne suis pas dépendante. J’ai ma vie à l’école, j’ai une vie sociale. Je suis très occupée. Je fais du piano et du judo, et je suis dans un programme enrichi.»

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