Culture

Bran Van 3000: le meilleur pour la fin

Plus de 150 000 personnes se sont déhanchées sur la plus grosse piste de danse en plein air jamais vue à Montréal. Le fourre-tout musical de James Di Salvio et de son collectif opère une magie qui comble les attentes.

Le collectif Bran Van 3000 avait la lourde tâche de faire de ce Grand Événement une soirée mémorable. Elle le fut, à tout le moins grâce à la deuxième portion du spectacle qui s’est terminée dans une déferlante disco et house d’enfer qui a rallié la marée humaine jusqu’aux extrémités du site du festival. «Nous avons même dû fermer le site à un moment donné parce qu’il y avait trop de monde qui voulait y entrer», m’informa Marie-Ève Boisvert, du service de presse du festival vers la fin du spectacle.

Joli problème en effet, mais l’engouement au sujet du retour de Bran Van 3000 était justifié. Des retrouvailles après un mutisme de six ans. Un nouveau disque, Rosé, qui, sans arriver à l’aboutisssement artistique du superbe Glee paru en 1997, confirmait le désir de son instigateur à consolider sa forteresse soul, hip-hop, dance qui a fait sa marque.

Lorsque Métro a mis la main sur la liste des chansons avant le spectacle, il était clair que les trois disques de Bran Van y figuraient. Quelques clins d’Å“il ici et là, comme ce passage de Papa Was a Rolling Stone des Temptations et Rapper’s Delight de Sugarhill Gang, pas les trouvailles du siècle, on s’entend, mais judicieusement incorporés au pacing de la soirée.

Et ce spectacle? Un départ modeste, avec I Won’t Lie, suivi Speed de l’album Discosis, Forest, etc. Maximillian, le MC de Chicago, est soudainement apparu dans ce va-et-vient perpétuel de chanteurs, chanteuses et musiciens, la grande force des concerts de Bran Van. Son débit à saveur reggae atteignait la cible, syncopé parfois, encouragé par un Di Salvio jamais loin qui tournoyait autour de lui comme un enfant Ritalin. Puis, les chanteuses Kim Bingham, Stephane Moraille, Sarah Johnston et Jayne Hill ont pris le plancher avec une force de frappe convaincante. Les harmonies vocales regorgeaient de soul et leur front commun était vraiment stimulant à voir. Le chanteur Freddie James, fixture permanente du soul et du funk à Montréal depuis des lustres, fut un invité à la hauteur du disco auquel il s’est coltiné.

Après la grande finale disco-house qui a vraiment fait lever la fête, deux rappels et un peu de poésie, gracieuseté d’un vieux monsieur Noir dont l’identité nous a tous échappé. Jayne Hill nous a servi la magnifique Everywhere avec la même verve qu’il y a dix ans, l’entendre chanter «I’m calling your number» au refrain donnait des frissons. Mais toutes ces muses ont été dépassées au final par Stephane Moraille qui a chanté Drinking in L.A. comme si c’était la dernière fois. Quelle bombe! Quelle voix!

Bref, on s’est bien amusé hier soir. Aucun temps mort entre les chansons, pratiquement aucun visuel, ni effets spéciaux, ni pyrotechnie, ni ballons géants dans la foule, à part cette immense boule disco soutenue par une grue, quelques projections roses sur les édifices et un feu d’artifice des plus simplistes. On nous avait même annoncé avant le spectacle que des canons devaient lancer une neige artificielle. Sur la foule? Sur la scène? Qu’importe, cela n’est jamais arrivé. Mais on avait compris le concept. Montréal, l’hiver, le retour au bercail de l’imprévisible Di Salvio dans sa ville. Un block party réussi. Vous pouvez revoir ce concert sur BV3K.sympatico.msn.ca.

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