Culture
00:42 10 mai 2018 | mise à jour le: 10 mai 2018 à 08:39 Temps de lecture: 3 minutes

First Match: «On peut financer des films en misant sur l’histoire»

First Match: «On peut financer des films en misant sur l’histoire»
Photo: Netflix

La réalisatrice de First Match, Olivia Newman, n’a pas peur de partager ce qu’elle pense de sa bataille pour tourner son long métrage dans une industrie dominée par les hommes, de ses secrets pour créer des scènes de lutte réalistes et de son expérience avec Netflix.

First Match raconte l’histoire de Monique (Elvire Emanuelle), une élève du secondaire, lutteuse, qui se bat dans le ring contre l’opposition masculine – qu’elle vainc souvent – et qui essaie de reforger sa relation avec son père distant (Yahya Abdul-Mateen II).

Finalement, First Match aura aussi été l’histoire de son auteure, Olivia Newman, qui a été impliquée dans des batailles similaires pendant le développement et la production du film.
Métro s’est entretenu avec la réalisatrice.

First Match devait, au début, être un court métrage. À quoi a ressemblé son évolution en long métrage?
J’ai réalisé le court métrage alors que j’étais étudiante à Columbia. Je savais que, dans certaines écoles secondaires, les filles pouvaient lutter contre les garçons, et j’ai voulu connaître ces filles-là, connaître leurs raisons. Ça devenait un phénomène de plus en plus populaire, parce qu’il n’y avait pas assez de filles qui voulaient pratiquer le sport.

Vous reconnaissez-vous dans le personnage de Mo?
Plus jeune, j’étais un peu tomboy. Je voulais tout le temps faire du sport avec mon grand frère, surtout parce que j’étais sportive. Mais je n’ai jamais été aussi bonne que lui. Alors, quand j’ai vu ces jeunes filles envoyer des gars au tapis, ça m’a vraiment inspirée. Parce qu’elles avaient été sous-estimées et qu’elles ont prouvé qu’elles en étaient capables, et que je suis dans un domaine dominé par les hommes. J’ai toujours à faire mes preuves et à m’assurer qu’on me prenne au sérieux, que les histoires que je veux raconter soient prises au sérieux. Il y a un peu de Mo en moi. J’ai l’impression de devoir toujours essayer d’être entendue, d’être vue.

Comment vous y êtes-vous prise pour rendre les scènes de lutte réalistes?
Toutes ces scènes ont été chorégraphiées par un entraîneur qui a passé cinq semaines avec Elvire Emanuelle. Pour tous les matchs de lutte du film, par contre, Elvire a été jumelée à un lutteur pour qu’il puisse mener. L’entraînement a été épuisant pour elle, mais elle connaissait toutes les routines comme une danse. À la fin, on n’a presque pas eu à utiliser la cascadeuse, parce que l’actrice est une athlète naturelle.

Quand Netflix s’est-il impliqué?
On s’est fait dire par tout le monde que c’était un film risqué. Mais il fallait avoir un budget raisonnable, parce que nous avions beaucoup de cascades, de batailles et de figurants. Tous nos acteurs étaient Noirs et aucun n’était connu; c’était dur de passer par la route traditionnelle. Mais Netflix est arrivé et nous a donné l’argent en ne se fiant qu’à la qualité du scénario. Ils ne dépendent pas du box-office ou des acheteurs étrangers. Ils peuvent se permettre de financer des films pour l’histoire.

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