Culture

Le heavy metal à l'heure de la mondialisation

Geneviève Vézina-Montplaisir, Métro

Après avoir réalisé un documentaire sur l’histoire du Heavy Metal, Metal : A Headbanger’s Journey – acheté par des distributeurs de plus de trente pays – Scot McFadyen et Sam Dunn ont reçu de nombreux courriels provenant de partout sur la planète leur faisant état de plusieurs scènes métal encore méconnues. Les deux réalisateurs ont alors été surpris de constater que ce style musical avait fait des petits à l’extérieur des zones industrielles européennes et des banlieues américaines. Ils sont donc partis, sac au dos et caméra à la main, pour observer que le métal était devenu une manifestation globale. Le résultat de leur petite enquête : le film Global Metal.

Pour leur deuxième documentaire, l’ancien superviseur musical ontarien, Scot McFadyen et l’anthropologue natif de Stroud, au Royaume-Uni, Sam Dunn, ont parcouru le monde en s’arrêtant au Brésil, en Chine, au Japon, en Israël, en Indonésie et en Inde pour découvrir que le métal avait souvent la même signification rebelle et le même esprit anti religieux qu’à l’origine. Ils ont cependant dû se rendre à Dubaï, plutôt qu’en Iran, rencontrer des fans iraniens, l’entrée au pays leur ayant été refusée.

«Nous avons commencé avec une liste de 30 pays, explique Scot McFadyen. L’Iran, et la Chine sont les endroits qui nous ont le plus surpris par leur scène métal. Nous ne pensions pas qu’elle y était aussi grosse et établie. Au Moyen-Orient, nous n’avions aucune idée de ce qui s’y passait! Nous avons choisi les pays, parce qu’ils étaient différents les uns des autres. Nous savions que nous de­vions aller au Brésil, avant de commencer, parce que nous savions que la scène métal était grosse là-bas. Au Japon, nous n’avions qu’une petite idée de ce qui s’y passait.»

L’apport d’internet

Sans l’internet, les deux cinéastes le disent, ils leur auraient été impossible de réaliser ce film. Avant de partir dans leur petit tout du monde qui a duré trois mois et demi, ils ont passé six mois à faire de la recherche, aidés de trois recherchistes, la plupart du temps avec l’aide du web.

«Sans l’internet, nous n’aurions pas été capables de savoir ce qui se passait partout dans le monde, concède Scot McFadyen. C’est incroyable tout ce qu’on peut maintenant trouver sur internet sur le métal. Le meilleur groupe de métal iranien à un site MySpace et nous avons même pu trouver des gens sur l’internet pour le traduire!»

Si Global Metal n’aurait jamais pu voir le jour sans internet, la propagation du métal n’aurait pas pu se faire non plus, selon Sam Dunn.

«Internet a complètement révolutionné la musique, affirme-t-il. Spécialement le métal parce que ç’a toujours été un style underground. Il n’a jamais été présent dans les médias grand public et dans les grandes maisons de disque. Les gens peuvent maintenant avoir la musique plus vite et le métal peut voyager plus ouvertement qu’avant.»

Les groupes Métal

En plus de faire témoigner les membres d’une formation métal dans une petite ville de l’Inde ou des fans en Indonésie primée pour leurs goûts musicaux, les deux cinéastes ont invité les groupes Metallica, Iron Maiden, Slayer, Kiss, Deep Purple, Sepultura, Orphaned Land, X Japan, Tang Dynasty, Lamb of God et In Flames à partager devant la caméra leurs commentaires sur la mondialisation du genre musical qui a fait leur renommée. Ils ont d’ailleurs créé des liens avec plusieurs d’entre eux et terminaient la semaine passée, lors du Festival Heavy MTL, le tournage d’un documentaire sur Iron Maiden, qui devrait voir le jour à l’automne. Prochaine étape pour le duo? Un documentaire sur le groupe canadien Rush.

«Rush est le plus gros groupe rock canadien et personne n’avait jamais fait de documentaire sur eux, déplo­re Sam Dunn. Le film va porter sur l’histoire et l’influence du groupe. Il y a beaucoup de musiciens qui ont été inspiréseux. Nous sommes encore en train de tourner. La sortie est prévue à la fin de 2009.»

Global Metal
En salle dès aujourd’hui

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