Culture

Boogat : Juste pour le plaisir

Geneviève Vézina-Montplaisir, Métro

Rares sont les artistes hip-hop qui vivent de leur art au Québec. Boogat est l’un d’eux.

En portant les chapeaux de réalisateur, de compositeur et de chanteur, il a réussi à se tailler une place enviable dans l’industrie musicale. Son dernier projet? Un album de remixes, du nom de Boogat RMX Vol. 1, composé des pièces de ses deux premiers CD, Tristes et belles histoires et Patte de salamandre, où il chante tantôt en français, tantôt en espagnol.

La galette était prête, alors voilà, Boogat la met sur le marché avant de
présenter en octobre le nouveau disque du collectif Movezerbe, dont il fait
partie avec les formations Accrophone et 2 Tom. Un autre album solo devrait aussi voir le jour sous peu. En attendant, le chanteur originaire de Québec,
installé maintenant dans la métropole, avait le goût de s’amuser un peu et de faire plaisir à son public.

«Je m’étais ramassé avec plein de remixes que j’avais faits de mes pièces, explique Daniel Russo Garido, alias Boogat. Il y en avait qui étaient bons, et j’ai demandé à des amis d’en faire d’autres. Ç’a été un processus assez long. Tu donnes ça aux gens, ils oublient, tu les relances, une nouvelle personne débarque. Le gars que tu n’attendais plus te donne son remix. Mais quand j’ai tout assemblé, je me suis dit que ça s’écoutait bien!»

Chafiik, Mash Manouche, Ghislain Poirier, Roberto Lopez et Future Boy sont quelques- uns des artistes qui ont répondu à l’appel de Boogat, donnant une toute nouvelle saveur à des pièces comme Funky Beat, Le feu, Le jour où rien n’a changé, Rumba soltera et Alors qu’dehors la ville vibre.

Artiste établi
Selon Boogat, un artiste établi, mais pas très connu d’un bout à l’autre de la
province, ce CD pourrait conquérir un nouveau public parce qu’il s’éloigne du hip-hop conventionnel.

«Les gens voient souvent un album de remixes, comme si c’étaient juste des remixes, mais c’est un autre album, affirme-t-il. Ça boucle aussi la boucle
de mes premiers albums. Là, je peux passer à autre chose.»

Autre chose, c’est travailler comme réalisateur d’albums de hip-hop ou de slam, ou encore créer des beats, et faire des collaborations avec d’autres chanteurs.
Qualifiée souvent de plus pop que ce que le hip-hop québécois présente, sa musique, Boogat la fait sans se soucier des qu’en-dira-t-on. Et ce n’est pas lui qui va se plaindre du peu de place faite au hip-hop sur les ondes québécoises.

«Je ne pense plus à ça. Les radios qui sont frileuses, elles le sont, et c’est tout, déclare-t-il. Il y a plein de médias qui soutiennent le genre, comme Radio-Canada et MusiquePlus. Si les gens n’aiment pas ce que tu fais, continue à bûcher et, tôt ou tard, ça va marcher!»

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