Vincent Lindon dans Mes amis, mes amours : Vouloir faire plus
Excellent dans Mes amis, mes amours, une comédie romantique de Lorraine Levy d’après le best-seller de son frère Marc, Vincent Lindon parle de son métier avec plaisir… Mais avoue vouloir faire plus, mieux, autre chose. Entretien à bâtons rompus.
À l’époque de La moustache, vous disiez que c’était un film qui vous allait bien. Vous pourriez dire la même chose de celui-ci?
C’est différent. Mais beaucoup de gens vont penser qu’il me va bien. Parce que c’est un film populaire, une comédie romantique réussie où le personnage que j’interprète, Mathias, est une sorte d’homme un peu tracassé, frivole, espiègle. Généralement, ça plaît aux femmes, plutôt au cinéma que dans leur lit!
Vous êtes très émouvant, à fleur de peau… C’est quoi votre truc?
J’ai beaucoup de mal à parler de mon métier. Disons que c’est un peu comme une histoire d’amour. On donne toujours des raisons, mais on se les invente rétroactivement. On explique qu’on l’aime parce qu’elle est réservée. Mais vous croyez vraiment qu’on l’a trouvée réservée lorsqu’on l’a vue marcher sur le trottoir? Lorsque je lis un scénario, j’ai un coup de cÅ“ur ou pas. Peu importe le metteur en scène, les acteurs, le genre, le cachet…
Est-ce qu’on se sent des «devoirs» lorsqu’on a atteint un certain degré de popularité?
Non, je ne dois rien à personne et je n’ai pas de devoirs. Maintenant, si la vie ne durait pas 80 ans, mais deux fois 40 ans, comme dans un film de science-fiction, je pense que je me lancerais en politique. J’ai une âme à ça.
Vous vous le dites depuis combien de temps?
Un petit bout de temps. Parce qu’on a rarement vu un peuple aussi mouton de Panurge. Les gens sont seuls, ils chatent, ils surfent, ils ont des blogues. Mais il n’y a aucun programme, aucune organisation. Ils sont peinards. Pendant ce temps, on peut renvoyer les immigrés dans leur pays ou laisser dormir les gens dans des sacs de couchage entre deux portes cochères…
On peut aussi décider que l’exécutif va nommer le président de France Télévisions… Tout roule!
Votre colère, ça va ressortir dans vos choix de films…
On ne fait pas assez de films politiques. J’ai tourné dans le prochain film de Philippe Lioret, Welcome, qui parle d’un réfugié dans la région de Calais… Mais je suis surtout furieux contre moi. Parce que je vois bien que le métier que je fais ne me suffit plus. Les gens sont incroyablement gentils avec moi, ils me disent que je leur donne du rêve… Mais je pourrais leur donner tellement plus!
Retour au film : c’est quoi un bon ami pour vous?
J’ai trouvé : quelqu’un que j’admire. Avant de savoir s’il va me rendre service, être à l’écoute ou pas, c’est quelqu’un dont j’admire la vie. Comment il aime ses enfants, son courage au
travail, sa femme, ses habits, son appartement… Quelqu’un dont j’admire les valeurs… Mais surtout la vie!
Mes amis, mes amours
En salle le 7 novembre