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À la mémoire de mon grand-père

C’est pour rendre hommage à son grand-père – qui a combattu sur le saillant d’Ypres pendant la Première Guerre mondiale – que Paul Gross tenait à faire Passchendaele. L’acteur de 49 ans se souvient de l’été 1975, où son héros de jeunesse lui avait raconté son expérience sur le champ de bataille.

«Ç’a changé ma vie, explique-t-il. Ça m’a ouvert une porte sur un tout autre monde.»

La fin justifie les moyens

Paul Gross a dû patienter pendant plusieurs années avant de voir son projet de film se concrétiser. À la fin des années 1980, alors que les Russes occupaient Kaboul, il mettait les dernières touches à son scénario.

Pour amasser les 21 M$ nécessaires à la réalisation du long métrage, l’auteur a multiplié les rencontres avec les milliardaires et les démarches auprès des institutions gouvernementales.

«D’ordinaire, le plafond pour un film canadien tourne autour de 6 à 7 M$, indique-t-il. Quand on veut plus d’argent que ça, on fait une coproduction avec un autre pays. On a étudié la possibilité de coproduire le film avec le Royaume-Uni et l’Allemagne. Mais on a vite laissé tomber, parce que le gros problème avec les coproductions, ce sont les obligations envers les
différents partenaires… Elles finissent souvent par altérer l’histoire. Par exemple, si on s’était associés avec le Royaume-Uni, le personnage principal aurait fini par être un Anglais.»

«Je ne voulais pas faire ça», ajoute-t-il.

Des soldats sur le plateau

Un groupe de soldats des Forces canadiennes ont été engagés pour servir de figurants dans la scène finale du long métrage, celle qui
met en scène la bataille de Passchendaele.

«Quand tu fais un film, c’est facile de te perdre dans ce monde de fiction, dans l’imaginaire, observe Paul Gross. La présence sur le plateau de ces soldats a donné une tout autre dimension à notre travail. Ça donnait un sens à ce qu’on faisait. Et ça nous aidait à garder les deux pieds sur terre.»

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