Christophe Barratier présente Faubourg 36 : La musique en rappel
Il n’y a pas de doute : Christophe Barratier n’a pas peur des comparaisons.
Celui qui a pris le monde entier par surprise en 2004 avec Les choristes, son premier film, revient avec Faubourg 36, où il poursuit dans la veine d’un cinéma populaire et nostalgique faisant une grande place à la chanson française.
Qui plus est, Barratier retrouve Gérard Jugnot, le professeur exemplaire des Choristes. «Je me devais d’être sincère, explique le cinéaste. Si c’est encore une histoire avec de la musique, tant pis! Si c’est encore un film avec Gérard Jugnot, j’en ai rien à foutre! Je n’avais pas envie de montrer que j’ai changé. Je suis ce que je suis!»
À l’aube de la Deuxième Guerre mondiale
Faubourg 36 nous plonge dans un quartier ouvrier du nord de Paris en 1936, à l’époque où la formation du Front populaire fait naître les plus folles espérances dans la population. C’est là que trois ouvriers au chômage (Gérard Jugnot, Clovis Cornillac et Kad Merad) décident d’occuper de force le music-hall qui les employait pour y monter un spectacle qui, espèrent-ils, réussira à les sortir de la pauvreté.
Écrit par Christophe Barratier d’après une idée originale de Frank Thomas, Jean-Michel Derenne et Reinhardt Wagner, le long métrage explore plusieurs genres, dont le romanesque, le mélodrame et la comédie musicale.
«Je crois que c’est avant tout une histoire humaine, dit le réalisateur. Un film historique, ça fait toujours un peu peur, parce que ce n’est pas en donnant un cours sur les années 1930 qu’on va émouvoir les gens. Mais on peut le faire en partant des personnages. En montrant un homme au chômage, on parle de politique. En montrant une jeune fille qui a tout fait pour venir à Paris, on parle de phénomènes sociaux, de l’attirance des grandes villes par rapport à la campagne.»
La pression du second
À cause du grand succès des Choristes, qui a séduit le public aux quatre coins du globe en plus de décrocher deux nominations aux Oscars, Christophe Barratier a pris son temps pour écrire le scénario de Faubourg 36.
«J’ai été chanceux : on m’a donné beaucoup de liberté, révèle-t-il. Mais au final, je voulais grimper de quelques marches. Je voulais montrer que ce n’était pas un hasard si le premier avait touché tant de gens. Je ne voulais pas entendre : « Ah oui! Le premier, c’était vraiment un coup de bol! »»
Une découverte
C’est à Nora Arnezeder, une jeune actrice inconnue du grand public, que Christophe Barratier a confié le rôle de Douce, la voix féminine de Faubourg 36.
«Ça fait partie du devoir d’un metteur en scène que de révéler de nouveaux talents, explique le cinéaste. Si on se contente tout le temps de faire jouer les mêmes, on ne risque pas de faire avancer les choses.»
Faubourg 36
En salle dès demain