Road trip à l'américaine avec Justice
Au printemps dernier, le duo électro Justice a réalisé une tournée nord-américaine qui s’est échelonnée sur 20 jours. Xavier de Rosnay et Gaspard Augé ont emmené dans leurs bagages les réalisateurs Romain Gavras et So-Me pour capter les images de cette aventure.
Le résultat : A Cross the Universe, un disque live ainsi qu’un documentaire sur les coulisses souvent rock’n’roll du périple de ces deux Français en Amérique et de leur entourage. Gaspard Augé le précise dès le début de l’entrevue,
A Cross the Universe n’est pas un documentaire qui met en vedette la musique de Justice ni les deux membres de la formation assez blasés, devant les hordes de fans en délire, mais plutôt Bouchon, le directeur de tournée obsédé par les armes à feu, et le très sympathique chauffeur d’autobus Roger.
«Bouchon et Roger ont deux personnalités très opposées, note le Parisien. Ils sont un peu comme le Bien et le Mal, et nous, nous naviguons entre les deux pendant tout le film.»
Ainsi sont ressorties des 200 heures de tournage des scènes comme celle où Bouchon s’achète une arme à feu et celle où Roger dévoile son désir de battre le record mondial de la note buccale la plus basse.
Comme toile de fond de ce périple : des grandes villes américaines, mais également canadiennes (Montréal et Toronto), où des fans, souvent intoxiqués clament leur amour pour le groupe.
Plusieurs passages du documentaire semblent d’ailleurs avoir été inspirés par l’adage «sexe, drogue et rock’n’roll»… ou, dans le cas présent, «sexe, drogue et électro».
«On a décidé de faire ce film pour garder une trace de ce moment-là, explique celui qui a aussi participé au montage du film. On a essayé de mettre les images qui sont les plus télégéniques, mais qui ne sont pas toujours les plus glorieuses pour nous.»
Deuxième album
Avec leur premier album †, sorti en 2007, les membres de Justice ont atteint le statut de stars, le film en témoigne. Après plusieurs mois passés sur la route, le groupe s’arrêtera pour faire une pause et pour composer du nouveau matériel.
«Pour l’instant, on a quelques idées musicales, mais elles ont besoin de se retrouver dans la globalité d’un album, dit Gaspard. Il est temps de retourner en studio parce qu’on estime qu’on a fait tout ce qui était possible avec cet album. On a assez pressé le citron de ces 12 morceaux, et maintenant, on est prêts à aller en presser d’autres.»