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The Darling Demaes : D'underground à émergent

Geneviève Vézina-Montplaisir, Métro

Il y a un an et demi, la formation The Darling Demaes envoyait un mini-­album à quelques producteurs de spectacles, journalistes et radios communautaires dans l’espoir de «booker» quelques con­certs et de faire un peu parler d’elle. À son grand étonnement, le quintette obtient une ré­ponse favorable. Il reçoit ensuite de l’aide financière de l’organisme Foundation to Assist Cana­dian Talent on Recor­dings (FACTOR), ce qui lui permet d’enregistrer un premier album, A User’s Guide to Raising the Dead (Songs of Spring).

The Darling Demaes, c’est à la base Erik Virtanen et Buz. Le premier est originaire de l’île de Vancouver. Après s’être retrouvé en Corée pendant un an à enseigner l’anglais et à écrire des chansons, il s’installe à Montréal et se met à la recher­che d’un musicien pour habiller ses pièces guitare acoustique et voix. Il trouve ce musicien en la personne de Buz, un guitariste québécois francophone. Le reste du groupe se compose de Sami Kizi­bash, un batteur pakistanais, d’Alec Ells­worth, un bassiste de Boston, et de Tasha Cyr, une autre chanteuse et multi-instrumentiste anglo­phone de Brossard.

«Tous les membres du groupe viennent de cultures et de lieux différents. Ça donne des brassages d’idées pas mal le fun», affirme Buz.

Avec un titre d’album comme A User’s Guide to Raising the Dead (Songs of Spring), on pourrait penser que le groupe montréalais fait dans le métal. The Darling Demaes fait plutôt dans le rock-indie acoustique assez pop, mais raconte la plupart du temps des histoires qui finissent mal.

«Le titre va un peu avec l’esprit du groupe, explique l’un des membres fondateurs de la formation. Il y a de l’humour noir dans les paroles. Il y a toujours un jeu entre une façade assez jolie, avec de belles mélodies et des harmonies de voix gars-fille délicates, et des histoires un peu tordues et sombres. Erik est scénariste de formation, alors ses chansons sont des histoires et des mises en situation avec des personnages.»

L’art d’arranger

«Arrangements soignés» pour­rait aussi faire partie des caractéristiques du son orchestré par Buz et Erik Virtanen. C’est qu’en raison de nombreux changements de musiciens dans le passé, les pièces du duo ont drôlement évolué.

«Les chansons ont beaucoup pris forme en spectacle, souligne Marc-André Mongrain, alias Buz. Ça fait longtemps qu’on les traîne avec nous, et comme on a eu plusieurs musiciens, on a dû souvent retourner à la base des chansons et les reconstruire. Les arrangements ont été travaillés et retravaillés.C’est pour ça qu’on est arrivés avec des versions très peaufinées sur l’album, mais ce ne sera pas nécessairement le cas pour tout ce qu’on va faire à l’avenir.»

Pour l’instant, les membres de Darling Demaes espèrent, avec cet album, sortir de la scène underground montréalaise et faire découvrir leur mu­sique au plus grand nombre de gens possible.

«On n’a pas de problème à avouer qu’on fait de la chanson pop, confie Buz. Ce qu’on fait pourrait passer à la radio, mais on n’est pas obsédés par ça non plus. L’important, pour nous, c’est de créer de belles chansons avec de belles mélodies. On ne se contente pas de créer de la pop-radio : on veut avoir un effet sur les gens et on veut vibrer à notre propre musique. On essaie de trouver la fine ligne entre les deux.»

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